29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 15:25

Cette année seuls 30 courageux Distance Skateboarders sont en lice pour les trois jours de roulage à travers la Géorgie et l'Alabama. A ce propos, Ed Francavilla, un habitué de l'épreuve, a remarqué que les inscriptions sont en baisse depuis 3 ans et j'ai pensé que proposer des prix en espèces sonnantes et trébuchantes et faire de la publicité pour montrer que cette course est vraiment extraordinaire, que tous ces efforts permettraient d'attirer beaucoup de racers. Or la réponse de l'un des organisateurs m'a fait comprendre que cette course ne cherche pas à attirer les masses:

"Ed this race isn't for everyone. We capped the number of registrations after having 54 racers one year and 2 racers admitted to the hospital (not counting a number of other injuries) that required medical attention. The logistics of an event that covered 188 miles over 2 states and time zones insures we don't "grow" past our capabilities. The last 2 years have been the best with support, food, and lack of medical care required so we are happy to have small numbers."

Les organisateurs souhaitent donc que cette course reste une affaire de passionnés courageux! De fait, quelques jours avant le début du Challenge (aujourd'hui 29 mai 2015), les organisateurs ont, par exemple, demandé aux participants d'éviter ces beaux mais dangereux animaux, signalés aux abords du parcours! 

Les participants: 

Albert Walter
Alyssa Monteiro
Andrei Hippix
Andy Andras
Carlos Montalvo
Conan Gay
David Price
Dekai Navarro
Ehren Mohammadi
Gus Buesser
Harrison Tucker
Jack Cobb
Jeff Crowe
Joe Mazzone
Joey Mallette
Jonar Strauss
Jorge Navarro
Juan Molina
Kaspar Spurgeon
Kyle Yan
Lance Curry
Mark Chernesky
Matthew Phillips
Max Frank
Michael Going
Sarah Rossier
Scott Hurdleston
Steve Berger
Trent Swords
Will Frank

Vendredi 29 mai 2015, 1ère étape 60.64 km: Andrew Andras, Citius, Altius, Fortius !

La victoire du travail et de l'intelligence! Andrew Andras ne cesse de progresser. Très endurant (recordman mondial en UltraSkate), Andrew était rapide sans faire partie des plus véloces, mais depuis qu'il s'est entraîné comme un marathonien pour l' Adrenalina Skateboard Marathon 2014 où il a fini 3ème, Andrew a beaucoup gagné en vélocité.

Il remporte la première étape en 2h31m28s (60.64 km à 24.021 km/h en moyenne!) devant Kyle Yan (qui confirme son talent) en 2h31m50s et Kaspar Heinrici (loin derrière) en 2h37m24s.

Quelques surprises: Kaspar Heinrici, Will Frank, Joe Mazzone et Andrei Hippix, quatre racers très rapides étaient largués pour ce premier jour. Un début d'explication par l'orgnisation: "Maybe the humidity affected a few. The air is very heavy today"

Le classement de la 1ère étape:

1 Andrew Andras 2:31:28
2 Kyle Yan 2:31:50
3 Kasper Spurgeon (Kaspar Heinrici) 2:37:24
4 Matthew Phillips 2:37:47
5 Scott Hurdleston 2:37:47
6 Will Frank 2:38:27
7 Conan Gay 2:43:16
8 Juan Molina 2:43:16
9 Harrison Tucker 2:43:39
10 Jack Cobb 2:43:44
11 Lance Curry 2:52:16
12 Max Frank 2:57:47
13 Joe Mazzone 3:06:34
14 Joey Mallette 3:06:47
15 Ehren Mohammadi 3:07:41
16 Andrei Hippix 3:07:45
17 Gus Buesser 3:14:47
18 Carlos Montalvo 3:30:56
19 Mark Chernesky 3:33:36
20 Jeff Crowe 3:33:41
21 Sarah Rossier 3:36:35
22 Joner Strauss 3:43:28
23 Albert Walter 3:44:35
24 Alyssa Monteiro 3:44:56
25 David Price 3:46:57
26 Michael Going 3:57:30
27 Dekai Navarro 4:05:49
28 Jorge Navarro 4:05:52
29 Steve Berger 4:06:07

Trent Swords, un habitué de la course n'est pas dans le classement car il a dû annuler sa participation à la dernière minute.

D'après les informations glanées ici et là, cette journée du samedi 30 mai 2015 fut plutôt chaude en Georgie, alors William Eric Frank et son frère Max Frank ont perpétué la tradition: baignade dans la rivière de Rockmart!

Samedi 30 mai 2015, 2ème étape 90.12 km: le retour de Kaspar Heinrici

Peu d'informations ont été données pour l'instant, mais les 4 premiers de l'étape ont roulé ensemble et ils ont fini dans "un mouchoir de poche". Après sa première étape ratée, Kaspar Spurgeon Heinrici a remporté la 2ème en 3h59m19s, soit à la vitesse moyenne de 22.594 km/h.

The first four came in on top of each other.
Kasper 3:59:19
Kyle 3:59:22
Andy 3:59:24
Joe 3:59:42
Stay tuned for more....

Andrew Andras est toujours premier au classement général 

avec 20 secondes d'avance sur Kyle Yan. Ci-dessous les positions au classement général avec les résultats de l'étape 2 en désordre.

Au centre de la photo: le créateur de cette course unique, Mister Marion Spears Karr qui cette année ne participe pas en tant que racer. 

Et à la fin de l'étape n°2, une autre tradition: la photo de groupe des racers en Subsonic! 

Repos mérité après les 90.12 km de cette journée.

Dimanche 31 mai 2015, 3ème étape 151 km: Joe Mazzone établit le nouveau record des 151 km en une journée!

Joe Mazzone finit premier en solitaire, en 6 heures 44 minutes et 7 secondes! Soit une moyenne de 22.419 km/h! Les autres sont plutôt loin derrière avec plus de 7 heures de roulage!

Mais si mes calculs sont bons, je dirais que le vainqueur des 3 journées sera... Andy Andras!

Lundi 1er Juin 2015 en France, je suis revenu du travail et les résultats définitifs sont publiés!

1er Andrew Andras (torse nu avec Conan Issac Gay)

avec seulement 20 secondes d'avance sur Kyle Yan,

sur le cumul des trois jours! Un véritable résultat de course cycliste, si ce n'est que Kyle Yan n'a peut-être pas attaqué Andrew Andras pour essayer de lui ravir la première place.

Kasper Spurgeon (aka Kaspar Heinrici) "sauve les meubles" en montant sur le podium à la 3ème place.

Joe Mazzone sauve l'honneur en finissant 4ème du classement général grâce à une fantastique performance dans la troisème étape: 6h44m07s record absolu des 151 km en une seule fois!

Harrison Tucker, 19 ans, finit 5ème au terme des 3 jours: la future star du Long Distance Pushing?

Jack Cobb (47 ans, de Las Vegas) confirme ses brillants résultats à l'Adrenalina Skateboard Marathon 2014 et à l'UltraSkate 2015 de Miami: il est probablement le quadragénaire le plus rapide sur longues distances!

Contre-performance pour William Eric Frank,

l'un des Distance Skateboarders les plus talentueux qui finit en milieu de tableau avec un chronomètre très moyen.

Mention spéciale pour Jeff Crowe (plus de 50 ans) qui, année après année, rajeunit! Pour la deuxième fois il vient à bout des 302 kilomètres (total des 3 jours) et en cette année 2015 il a "explosé" son record personnel!

Félicitations à Joner Strauss qui a enfin réussi à franchir la ligne d'arrivée de la 3ème étape! 

Bilans

The Chief Ladiga & Silver Comet Sk8 Challenge 2015, 5ème édition de cette course unique au monde (!), semble avoir été l'édition la plus rapide de toutes et celle qui a été courue dans les meilleures conditions. Contrairement aux quatre premières éditions, les abandons ont été rares: seuls trois racers ont abandonné avant la fin. La maturité semble avoir été atteinte pour cette compétition unique au monde.

Félicitations et remerciements à Georgia Neal Hall, Chadd Hall et Marion Spears Karr pour cet événement somptueux!

 

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 22:10

La randonnée cyclotouriste Lille - Hardelot (157 km) est la plus courue de France avec environ 4800 participants en 2015. http://www.lille-hardelot.com/home/ 

Comme je fais l'impasse sur l'édition 2015 du http://sk8challenge.org/chief-ladiga-silver-comet , j'ai décidé il y a quelques mois de participer à cette randonnée cycliste et après avoir demandé par téléphone aux organisateurs, s'ils m'autoriseraient à essayer de rejoindre Hardelot en skateboard, je me suis inscrit et j'ai partagé l'information sur internet pour inciter d'autres riders à m'accompagner. Un seul m'a suivi, le très doué Matthieu Josse qui habite dans la région. Pour information, c'est en regardant l'actualité des membres du groupe Boulogne Footbike https://www.facebook.com/boulognefootbike.boulognefootbike?fref=ts que j'ai vu que cette rando existait; merci à eux!

Un réveil à 5 heures du matin à Lille

Les épreuves sur très longues distances ont ceci de particulier qu'elles vous obligent presque toujours à vous lever aux aurores. Donc pour être en avance au départ prévu à 7 heures du matin, Matthieu et moi, nous nous sommes levés à 5 heures. Dur pour un dimanche! Heureusement le ciel était immaculé, malheureusement les températures étaient plutôt basses pour la saison.

Au moins les rues de Lille étaient presque vides, si l'on omet les jeunes noctambules saoûls qui essayaient de rentrer chez eux sans avoir trouvé l'amour.

Sur la place de Lille Grand Palais, lieu du départ, j'ai trouvé les membres du groupe Boulogne Footbike et suscité la curiosité dubitative des cyclistes.

A ce sujet, une comparaison, parfaitement subjective: si cela avait eu lieu au USA, je pense que de nombreux cyclistes seraient venus à notre rencontre pour nous demander si nous comptions vraiment parcourir les 157 km en skateboard ou en trottinette et se renseigner sur notre matériel; à Lille, seuls des regards étonnés et incrédules nous ont accueillis et personne n'est venu nous poser la moindre question, en dehors d'un journaliste qui a pris mon numéro de téléphone.

Départ à 6h30 pour les trottinettes et les skateboarders

Les organisateurs devinaient bien que nous ne pourrions aller aussi vite que les cyclistes et c'est pourquoi ils nous ont laissés partir en avance. 4 trottinettes, Stéphane Delpierre, Julien Lavieville, Gilbert Vigreux et un 4ème dont je n'ai pas le nom, plus 2 skateboarders, Matthieu Josse et moi, sont partis à l'assaut des rues de Lille.

J'étais loin d'être en forme ce dimanche 24 mai 2015, mais le plaisir de rouler en ville avec d'autres riders était bien présent et c'est avec le sourire que j'ai vécu ces premières minutes, jusqu'aux rues pavées de Lille où je n'étais plus capable de suivre la cadence des trottinettes et à peine celle de Matthieu Josse. Le désavantage des petites roues était bien réel.

Très vite, Stéphane Delpierre et Julien Lavieville prirent le large, tandis que Matthieu et moi nous laissions loin derrière Gilbert Vigreux et l'autre footbiker.

On the road again

Seuls sur la route un beau dimanche ensoleillé à 7 heures du matin, en traversant les jolies communes lilloises, j'en profitai pour mettre en marche mon haut-parleur bluetooth afin de rouler au son des années 80. Du soleil, des skateboards, des routes presque vides et de la musique: des plaisirs légers! 

Très vite les pelotons de cyclistes nous ont rejoint et en nous doublant, des dizaines d'entre eux nous ont demandé: "Vous allez jusqu'à Hardelot comme ça?" et nous de leur répondre autant de fois "On essaye!". La bonne humeur et les encouragements sincères ou goguenards (c'est de bonne guerre) des cyclistes ont fait des premiers 60 kilomètres une joie, malgré une portion de route d'environ 2 km bien rugueuse. Le ravitaillement à l'Aire-sur-la-Lys fut plutôt long, car malgré les bonnes conditions générales, ces 60 km n'avaient pas été faciles pour un rider en manque d'entraînement comme moi. http://www.lille-hardelot.com/wp-content/uploads/2014/12/parcoursLH2015.jpg

Puis la première montée, 4 km à 4% de moyenne (la côte des Hauts Près) est arrivée et là sur cette départementale au revêtement très moyen, le silence s'est fait entre Matthieu et moi.

C'était dur, avec nos sacs remplis d'eau et de barres nutritives et la batterie de mon haut parleur bluetooth était vide. Malgré tout, cette côte nous l'avons montée sur nos planches, sans marcher! Le plateau des Hauts Près paraissait interminable et la descente semblait ne jamais arriver.

J'avoue ne pas me souvenir en détail de la descente. mais en voyant le parcours sur endomondo je devine qu'elle ne fut pas bien plaisante, car j'avais dû freiner: son revêtement trop rugueux et sa visibilité imparfaite la rendaient trop dangereuse à pleine vitesse pour des non-spécialistes comme Matthieu et moi. Imaginez-vous à 40 Km/h avec une planche prise de tremblements sous vos pieds, en dépit de roues de 85mm pour moi et de 72.5mm pour Matthieu!

La deuxième montée fut celle du Mont Roblin, 1.4 km pour 7%, et là nous fûmes obligés de marcher. Après 80 km parcourus, 7% faisaient très mal aux jambes. En revanche, cette fois-ci je me souviens de la descente: une longue ligne droite avec une bonne visibilité et un revêtement que je note 10 à 11 sur 20. Là, en confiance, j'ai battu mon petit record en vitesse de pointe: 53 km/h. A ce propos, les trucks Dont Trip Poppys se sont avérés excellents en downhill: le truck avant était doux et précis, tandis que le truck arrière me donnait un excellent sentiment de sécurité car sa géométrie non tournante me protégait des wobbles et autres mouvements involontaires. http://www.dont-trip.com/

Malheureusement, après le Mont Roblin, les routes départementales que nous avons parcourues, n'ont jamais retrouvé la qualité des routes à la sortie de Lille et j'arrivais au ravitaillement de Fauquembergues bien fatigué. Matthieu lui, était en pleine forme!

Nous roulâmes ensemble jusqu'au ravitaillement d'Hucqueliers sur une succession de petites collines, de plats et de descentes, mais les routes étaient bien médiocres, je les note 9 à 10 sur 20. Le plaisir de rouler avait disparu et seule restait l'envie de finir, d'accomplir ce défi. Une brise marine, parfois un vent léger freinait aussi notre progression. Alors que sur un bon revêtement nous aurions dû rouler à 18 ou 19 km/h en moyenne, je peinais à maintenir les 15 km/h. Petite satisfaction: nous n'étions pas les derniers puisque nous rejoignions des cyclistes et il me semble même qu'un ou deux d'entre eux sont arrivés après nous.

Le chemin de croix

C'est dans la côte de l'Eglise (1 km à 5%), que Matthieu Josse et moi, nous nous sommes séparés. Matthieu était plus rapide de 2 à 3 km/h et il voulait finir l'étape. Moi, je regardais ma montre et mon GPS pour les derniers 40 kilomètres et je calculais qu'il me faudrait au moins 3 heures pour les parcourir vue la difficulté du parcours. Or il serait bientôt 16 heures.

Je roulais seul et je traversai des villages sous le regard incrédule des gamins qui jouaient. Vers le kilomètre 125 de mon périple, la chaussée était si granuleuse que même en faux-plat descendant il me fallait kicker pour avancer. Finalement, fatigué de rouler à 8 km/h sur une route granuleuse, je prenais ma planche sous le bras et je marchais en espérant que plus loin, l'asphalte serait plus lisse! J'alternais ainsi les temps de marche et de roulage jusqu'au moment où lassé, je m'apprêtais à frapper à la porte d'une maison sur le bord de la départementale pour demander leur adresse et téléphoner à Laurent Josse (le père de Matthieu) pour qu'il vienne me chercher. J'abandonnai après 131 km parcourus. Il ne manquait que 26 km pour arriver au but, mais la mauvaise qualité de la route avait eu raison de moi. Au moment où j'allais franchir l'entrée de la maison (qui était ouverte) j'entendis dans mon dos une voiture arriver sur cette départementale solitaire: Chantal et Laurent Josse, dans leur monospace familial, suivaient notre parcours pour nous retrouver et c'est sur moi qu'ils tombèrent en premier. Avec plaisir je montais dans leur voiture pour prendre la route à la poursuite de Matthieu. 5 à 10 minutes plus tard nous le vîmes monter à pied la côte de la Blanche Jument (1.3 km à 7%). Son père Laurent lui demanda s'il souhaitait arrêter là mais Matthieu voulut poursuivre. Il réussit ainsi à monter la côte de la Bergerie Impériale (1.8 km à 8%), mais avec la marée montante le ciel se teinta d'un gris fuligineux et les températures chutèrent de 3 à 5°C.

De façon surprenante, alors qu'il ne restait plus que 12 kilomètres de route à Matthieu pour atteindre Hardelot, mon compagnon de route "jeta l'éponge" et monta dans la voiture de ses parents. "Je n'ai plus de plaisir à rouler." nous dit-il.

Conclusions

La randonnée Lille - Hardelot est un grand défi pour un skateboarder: les routes granuleuses, les montées et les descentes difficiles exigent beaucoup de technique et d'endurance. J'ai parcouru 131 km et Matthieu Josse environ 145 km.

Matthieu a été trop gentil en acceptant de rouler avec moi pendant les deux tiers de la randonnée: s'il ne l'avait pas fait, il aurait parcouru la totalité des 157 km en moins de 10 heures et il aurait été le premier skateboarder à avoir terminé cette randonnée. Merci de m'avoir accompagné et désolé de t'avoir retenu Matthieu. Tu aurais dû penser à toi d'abord et faire ta "course".

Les fabricants de roues de longboard devraient se pencher sur la création d'une roue dédiée aux voyages sur très longues distances et sur mauvaises routes. Les roues des planches Ondaboard http://www.ondamotion.com/

me paraissent un bon premier pas dans cette direction. Si Kryptonics pouvait fabriquer une Classic de 125 mm de diamètre avec un très bon urethane l'expérience serait aussi très intéressante pour les voyageurs au long cours.

Je regrette que nous n'ayons été que 2 skateboarders, surtout en sachant que les organisateurs nous acceptaient parmi les cyclistes! Cette randonnée (dont le parcours est renouvelé chaque année) peut être faite de deux façons (davantage bien sûr, proposez vos idées): comme un défi pour finir les 157 km ou comme une randonnée-course amicale de Lille jusqu'à Hucqueliers (108 km) par exemple. Il y a si peu d'occasions de parcourir de longues distances sur un parcours plutôt bien sécurisé en France et seuls 2 skateboarders? Dommage.

Merci

Aux organisateurs de la randonnée d'avoir accepté des skateboarders!

A Matthieu Josse de s'être inscrit et d'avoir roulé avec moi! 

A Chantal, Laurent (les parents de Matthieu), Mathilde et Morgane (ses soeurs) de m'avoir accueilli avec autant de gentillesse et de générosité: je me suis senti comme chez moi à Rang-du-Fliers.

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 10:22

Voilà qui est fait! La première course en montée a été organisée par Eirik Tyr Normann à Hoofddorp (à coté d'Amsterdam) sur une colline artificielle des Pays-Bas!

Bon, il ne s'agit que de 800 mètres (environ) à parcourir sur un "circuit" très roulant et ludique, mais en montée et c'est une première!

Eirik Tyr Normann a même préparé des trophées!

8 racers (tous des hommes) étaient présents et voici le podium: 1. Lennart van de Peppel en 2m 29s (moyenne à 19.328 km/h en montée et sur piste trempée!), 2. Rick Pronk 2m 35s, 3. Paul Brunninkhuis 2m 45s.

Bravo à Eirik Tyr Normann

pour cette belle et première initiative (à laquelle je n'ai pu participer en raison de mes obligations professionnelles). Tous les résultats sont ici: http://www.dutchdistanceskaters.com/news/dutch-pyramid-uphill-push-contest-results/

Pour information, la première "longue" course en montée aura lieu aux USA lors du célèbre Maryhill Festival of Speed le samedi 27 juin 2015 à 8 heures du matin: 2.2 miles (3.54 km) de pure montée, soit le circuit de descente, mais à l'envers! Du spectacle!

 

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 12:22

En retard, voici mon petit compte-rendu sur 2 journées de courses légales organisées par l'excellent Morgan Dossett à Concord, petite ville située près de Charlotte en Caroline du nord.

La course du MILE: 1609 mètres en sprint sous la pluie, le soir du samedi 25 avril 2015. Un nouveau record

A l'Américaine! Légale, avec voiture de police derrière et voiture de police devant, pour seulement 14 participants (d'après ce que j'ai compté) ! Le "circuit" était une ligne droite de 1609 mètres de long (1 mile), parcourue en deux fois (aller puis retour, avec une pause entre les deux parcours), puis la moyenne des deux chronos fut établie afin d'annuler l'avantage-handicap montée-descente.

Un beau sprint dans ce run (le 2ème) où Kaspar Heinrici a fait un départ correct, suivi de près par Harrison Tucker, Will Frank, Andreï Hippix et Andrew Andras. Puis Harrison Tucker, bien calé en drafting derrière Kaspar a fait parler sa jeunesse et sa légèreté et il a pris la tête pendant 20 à 30 mètres jusqu'au moment où Kaspar Heinrici (en drafting derrière lui) a montré sa puissance de skieur de descente Autrichien! C'était sans compter sur un nouveau venu sur la scène du LDP: Steven Holshouser un grand gaillard à la carrure de rugbyman, cycliste et coureur de fond qui est resté en deuxième position derrière Kaspar, sans rien lâcher. Steven Holshouser ne pousse qu'en goofy regular, mais sa grande taille et sa puissance lui ont permis de faire jeu égal avec Kaspar et même de le doubler pour rester en tête pendant une bonne centaine de mètres! Voyant cela, Kaspar est sagement resté en drafting derrière Steven et quand ce dernier s'en est rendu compte, Kaspar a placé sa dernière accélération pour le doubler et définitivement, le laisser derrière à 10 ou 20 mètres. https://www.youtube.com/watch?v=e2poHzotkvk

Kaspar Heinrici a franchi premier la ligne d'arrivée en 3 minutes 31 secondes et 75 centièmes (moyenne des deux runs): nouveau record du monde du mile (1609 mètres) sur circuit fermé (sur une boucle).Vitesse moyenne: 27.354 km/h... sous la pluie!

Une belle performance de Kaspar Heinrici!

Dimanche 26 avril 2015: 5 kilomètres, puis 10 kilomètres

Bon, beaucoup seront déçus, mais comme souvent dans ces courses où ce qui compte le plus c'est l'esprit de camaraderie et le plaisir de se mesurer à ses amis, personne n'a pensé à communiquer les résultats détaillés!

Rectificatif! Grâce à William Eric Frank, j'ai les chronos pour chaque course!

Pour les 5 K: 1. William Eric Frank 11m 14s 4 dixièmes (moyenne: 26.69 km/h), 2. Kaspar Heinrici 11m 14s 9 dixièmes, 3. Andrew Andras 11m 16s 9 dixièmes. Féminines: 1. Anne Palmer 16m 56s 3 dixièmes, 2. Erica Lander 20m 06s 9 dixièmes.

Pour les 10 K: 1. William Eric Frank 22m 50s 2 dixièmes (moyenne: 26.273 km/h), 2. Andrew Andras 22m 50s 3 dixièmes! 3. Kaspar Heinrici 24m 7s 4 dixièmes. Une course en 4 tours de circuit où Andrew Andras a toujours été en tête, certainement suivi de près en drafting par William Eric Frank et où ce dernier a doublé Andrew dans le sprint final sur la ligne d'arrivée. Ce qui me surprend est le fait que dans ces 10 km, Kaspar Heinrici n'a jamais été en mesure de lutter avec William et Andrew pour la première place. Au classement cumulé sur les résultats des trois courses (mile, 5 km et 10 km) William Eric Frank a été le plus rapide, avec un temps de 41 minutes 22 secondes et 5 dixièmes.

Tous les résultats détaillés sont ici: http://www.webscorer.com/SkateIDSA

Le départ d'une course: celle des 5k ou des 10k ?

William Eric Frank (t-shirt jaune fluo) et Harrison Tucker (débardeur jaune) sont en tête au départ de la course.

Kaspar Heinrici (t-shirt vert) et Andrew Andras (t-shirt blanc et tatouages sur les bras) en poursuivants!

Une belle course légale et si peu de participants, dommage! Si la quantité manquait, la qualité était présente!

Sur cette ligne de départ quelques uns des meilleurs Distance Skateboarders au monde! Andrew Andras, Andrei Hippix, Kaspar Heinrici, Harrison Tucker, William Eric Frank et en noir, l'organisateur de ces deux jours de courses: Morgan Dossett!

Quelques remises de prix!

Anne Palmer (fuschia) et Erica Lander l'autre féminine!

Merci à Morgan Dossett de faire partie de ceux qui s'investissent pour organiser des courses.

Un weekend de courses, un weekend de vie!

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 21:05

Mardi 10 février 2015, Issy-les-Moulineaux. Voilà, il est 21h13 en France et je regarde depuis facebook, mes amis skateboarders qui sont à Miami, en train de préparer leur matériel pour l'UltraSkate du Homestead Miami Speedway (le circuit NASCAR), qui commencera le jeudi 12 février à 9 heures du matin.

En voyant leurs photos et leurs commentaires, je comprends que j'ai commis une erreur en n'allant pas participer à la 3ème édition de cet événement exceptionnel: 24 heures de roulage en équipes ou en individuel sur le circuit NASCAR du sud de Miami.

Vivre c'est agir, et là, je ne suis que spectateur. Tant pis pour moi.

C'est d'autant plus regrettable que cette année il y aura au moins 7 Français présents à cette compétition. En racers individuels, Giovanni Barbazza et Panta Gruelon (son pseudonyme sur les réseaux sociaux) vont donner leur maximum pendant 24 heures. En équipe, le Team RideMore, François Paddle Road, Jérôme Bevilacqua (encore deux pseudonymes), Samuel Moret et Olivier le Saintais (le Français de Genève) vont essayer de battre le record du monde par équipes (255.5 miles) détenu par le Shralpers Union de feu Noël Korman. Tous vont s'amuser et profiter de la météo exceptionnelle prévue pour cette semaine à Miami! Le soleil, les sourires et l'amitié.

Dans l'équipe, Samuel Moret utilisera sa fidèle Pumping Jack dessinée par l'artisan français Blackkross

une planche qu'il maîtrise et connaît à la perfection. Jérôme Bevilacqua, toujours à la pointe de l'innovation, utlisera deux Subsonic avec des pattes G-Bomb, dont une aura les trucks Don't Trip, sans oublier les roues Kryptonics StarTac en 75mm! 

François Paddle Road utilisera deux planches en carbone qu'il a lui même conçues 

et sa rame au style unique avec sa demi-lune en carbone! Olivier le Saintais utilisera une LongboardLarry montée en planche de Long Distance Pumping classique: Tracker Rts à l'arrière et Bennett 5.0 à l'avant.

En racers individuels, Giovanni Barbazza utilisera sa planche sur-mesure créée pour lui par Fond de Vallée, 

avec ses trucks Paris 180 ou 150mm et ses Flywheels Abec 11 83mm; quant à Panta Gruelon, il utilisera aussi une Subsonic (très proche de celle d'Andrew Andras) avec des pattes G-Bomb et des trucks Don't Trip.

La suite des préparatifs, demain!

Nous sommes le mercredi 11 février et avec le décalage horaire (6 heures en moins à Miami) je reviens sur leur journée du mardi 10 février: test et mise au point du matériel 

sur les ponts qui mènent aux célèbres Keys de Floride! On peut trouver pire comme cadre! 

Je ne sais si l'un d'entre eux l'a fait, mais à leur place, j'aurais plongé dans ces eaux turquoises!

Mercredi 11 février 2015, Issy-les-Moulineaux. J'ai très peu de nouvelles et aussi peu de photos! Il est 21h13 ici et là-bas, il est 15h13. Je suppose qu'ils sont occupés à visiter la région et à finaliser la mise au point du matériel. Espérons que l'un d'entre eux n'aie pas servi de repas à un alligator! Pour l'instant, je n'ai qu'une étrange photo de Panta Gruelon qui manifeste pour le Québec (libre?) sur sa planche: faut-il craindre l'incident diplomatique international? Panta Gruelon est-il un agent secret du Québec Libre, parti fomenter la révolte à Miami? 

Drôle de choix quand on sait que là-bas ce sont surtout des cubains qui y vivent! Qu'est-ce qu'un drapeau québecois pourrait bien inspirer à un américain d'origine cubaine?

Pendant ce temps, Giovanni Barbazza, avec ses amis de la Shralpers Union, prépare sa petite réserve de victualles pour l'UltraSkate... 

De leur côté, dans le jardin d'Andrew Andras, les américains préparent leurs armes: Subsonic, G-Bomb, trucks Don't Trip et roues Seismic à gogo!

La suite demain! 

Bonne nuit à tous!

Jeudi 12 février 2015 14h13. Je reviens sur la journée du mercredi à Miami, pendant laquelle les Frenchies ont visité Miami South Beach et fait la connaissance d'Andrew Andras chez lui!

La Jet Set du Skateboard sur Longues Distances à Miami!

Racers et artisans réunis!

Et bien sûr, visite du repaire de La Màquina

avec Mister Andrew Andras himself en arrière plan (et un Gaulois au premier plan)!

Jeudi 12 février 2015. Il est 14h28 en France et 8h28 sur le Homestead Miami Speedway! Dans une demi-heure, le départ des 24 heures de roulage pour plus d'une centaine de skateboarders sera donné! J'imagine l'ambiance: les sourires, les embrassades, les derniers reglages, le stress pour les meilleurs qui visent 300 miles ou 250 miles! J'ai connu tout cela en 2013 et en 2014 et maintenant que je n'y suis pas, je réalise à quel point tout cela me manque!

9h15 à Miami: comme souvent, le départ est retardé, mais l'émotion est bien là.

Les Frenchies du RideMore Team sont affutés, 

Andrew Andras et Conan Issac Gay rigolent, 

pendant que tous les skateboarders font chauffer les moteurs!

9h40 à Miami (environ): c'est le départ! 

Kiefer Dixon est en tête du premier tour,

comme d'habitude, et Giovanni Barbazza est 4ème de ce tour!

Jeudi 12 février 2015, 21h02 en France, 15h02 à Miami. Cela fait 2 heures que je suis en direct les péripéties de cet UltraSkate et je suis tellement excité par les résultats que je n'ai pas trouvé la force de poursuivre ici mon compte rendu!

Il y a une heure environ: RideMore Team 1ers avec 4 tours d'avance et une moyenne de 21.203 km/h... PAR-FAIT !!!!
Giovanni Barbazza 13ème avec 51 miles parcourus et une moyenne à 18.03 km/h TRÈS BIEN !!!
Panta Gruelon (alias Fabien Bagland) 57ème avec 20.44 miles et une moyenne à 1.93 km/h ??? Allez Fabien, on ne se démoralise pas, on n'est pas là pour se reposer! Tu peux faire beaucoup mieux!!! Une pause de 53 minutes dès les 6 premières heures... tss tss

Andrew Andras 1er avec 59.86 miles et une moyenne à 20.239 km/h! PAR-FAIT!!! NIVEAU PROFESSIONNEL !!!!"

Pour l'anecdote, le tour le plus rapide, toutes catégories confondues, appartient à Kiefer Dixon avec 5m29s, soit une moyenne à 25.71 km/h !!!!! Le tour le plus rapide du RideMore Team fut fait en 5m52s!!! Moyenne 24.03 km/h !!! Ça ne rigole pas! Je devine que ce fut l'oeuvre de notre Obélix que l'on a fait maigrir... Francois Paddle Road

En direct 15h31 là-bas, une SURPRISE: un inconnu de 45 ans, Timothy Aust de Tampa en Floride est 2ème du classement provisoire derrière Andrew Andras!!! Ce Timothy Aust a parcouru 50 tours pour 73 miles!!!! Qui est cet homme???

Le Team RideMore en action avec François Paddle Road et Samuel Moret!

A 15h38 ils sont la 1ère équipe avec 5 tours d'avance sur les poursuivants (55 tours!) et 80.3 miles! Moyenne à 21.256 km/h: ils ont augmenté la cadence!!!

La route vers l'infini sera longue!

16h51 au Homestead Miami Speedway. Le RideMore Team a 6 tours d'avance sur l'équipe poursuivante, avec 96.36 miles parcourus!!! En individuel, trois vrais tough guys: Andrew Andras (38 ans) 91.98 miles, Timothy Aust (45 ans!) 90.52 miles et Eric Palmer (24 ans) 89.06 miles! Les trois se battent contre eux mêmes et ils ne veulent rien lâcher!

17h19 à Miami, 23h19 en France. Le RideMore Team est toujours premier avec 70 tours (6 tours d'avance sur les poursuivants) et 102.2 miles !!!! Andrew Andras premier avec 97.82 et un tour d'avance! Ma nuit va être très courte, tandis que la nuit des UltraSkaters sera trèèèèèèèèèèès looooooongueeeee !

"Bonne" nuit à tout le monde !!!

Vendredi 13 février 2015, 14h12 en France, 8h12 à Miami. Cela fait plus d'une heure que je suis revenu du travail, mais je suis tellement excité par les résultats, par les surprises, que je n'ai pas pris le temps d'en rendre compte ici. 

Première mauvaise surprise et déception: Andrew Andras n'a pas réussi à tenir le rythme des 20.11 km/h pendant 24h; il s'est arrêté après 226.3 miles; après tout il est humain! Je viens de parler avec Andrew Andras au téléphone: il m'a dit qu'il était vidé. Il a bien essayé de rouler plus doucement, mais quand il a vu qu'un tour lui prenait 10 minutes il s'est dit "OK, ça suffit".

Andrew participera au Dutch Summer Solstice Ultraskate aux Pays-Bas et J'Y SERAI!

IMPOSSIBLE DE MANQUER ÇA POUR MOI!

Excellente "surprise", plutôt une confirmation, le Team RideMore est largement en tête avec 286.16 miles parcourus! Si tout va bien, ils dépasseront les 300 miles!

Sur la photo qui suit cest Daniel Cambay en Stand Up Paddle!

Giovanni Barbazza a probablement eu un problème physique et il s'est arrêté à 127.02 miles après 14 heures de roulage.

Cela m'embête pour lui, quand je sais à quel point il voulait dépasser les 200 miles.

Fabien Bagland, alias Panta Gruelon, fait son UltraSkate à sa façon, sur le rythme de la promenade (19m32s par tour!) et il a tout de même parcouru 106.58 miles.

1er au classement provisoire: Eric Palmer avec 264.26 miles pour l'instant!

15h35 en France, 9h35 à Miami: l'UltraSkate 2015 du Homestead Miami Speedway est terminé!

Des résultats époustouflants. Pas de nouveau record du monde en individuel chez les hommes, mais...

Claudia Case finit à 202.94 miles: nouveau record du monde féminin !!! Première femme à dépasser les 200 miles !!!

Anne Palmer finit 2ème chez les femmes avec 175.2 à... 55 ans !

DeeJay Pascua finit avec 210.24 miles en Stand Up paddle, 1er de sa catégorie !

Eric "Danger" Palmer (24 ans) remporte l'UltraSkate en individuel avec 274.48 miles: il est deuxième au classement mondial derrière Andrew Andras !

Conan Issac Gay finit 2ème de cet UltraSkate avec 265.72 miles à 42 ans !

Jay Cobb finit 3ème avec 258.42 miles à 45 ans !

Vive la France, comme diraient nos amis Américains! 

Le RideMore Team a établi un beau et vrai record du monde avec 302.22 miles, soit 486.38 kilomètres en 24 heures! 20.26 km/h en moyenne et près de 122 kilomètres pour chaque membre de l'équipe! Cette performance il la doivent pour beaucoup à William Faugère de la société http://ridemore.fr/ dont l'aide matérielle et financière fut déterminante. N'oublions pas Jérôme Bevilacqua ( http://www.sakaroule.net/ ) qui a organisé tout le périple, de A à Z!

Un grand merci aussi à Fab Cara, 

le Français de Saint Louis (Missouri), qui joue toujours le rôle d'ange gardien pour les petits Frenchies en difficultés pendant cet UltraSkate!

En liens, le superbe site des UltraSkates Américains http://24hourultraskate.com/ et la page de tous les résultats de l' Homestead Miami Speedway UltraSkate 2015 http://www.pigmantri.com/jmsracing/results15/24skate15.html#1

Epilogue

De retour en France, Samuel Moret, l'un des mousquetaires du Team RideMore a rendu son devoir de vacances: une "rédaction" sur son UltraSkate! La voici:

"Après une semaine de récupération, de digestion, de retrouvailles, d'échanges FB, et travail sur les photos, voici venu mon temps du récit de cet Ultraskate. Installez vous, vous en avez pour un moment de lecture ...

Cette course était pour moi un petit rappel de ce que j'avais déjà vécu dans ma jeunesse en participant à une épreuve de runing sur 24h. J'en avais tellement bavé à l'époque que je n'étais pas parvenu à la terminer et que je m'étais blessé. Je ne voulais évidement pas reproduire ça à l'Ultraskate de Miami.
J'avais prévu un entraînement assez rigoureux mais je n'ai pas pu le mettre en application. Rien de sérieux depuis Novembre 2014 ! Une inflammation au pied m'a amené chez mon cher médecin qui m'a bénéfiquement envoyé chez un cabinet de kiné au top, qui lui même m'a recommandé un podologue et ses superbes semelles orthopédiques. Je dois reconnaître que leur insistance à me prodiguer les meilleurs soins possibles pour l'Ultraskate qui approchait m'ont vraiment été bénéfiques. Ca ne remplace pas un entraînement rigoureux bien sûr, mais ça permet de se lâcher plus sereinement lors de l'épreuve. Résultat, pas de blessure , uniquement de saines courbatures !

Le jour J nous sommes arrivés assez tôt sur le site puisque nous avions la chance de résider non loin de là. Notre équipe se composait d'un formidable capitaine en la personne de Jérome Jerome Bevilacqua , dOlivier Le Saintais le pumpeur fou, et de Francois Paddle Road, ainsi que moi même. Après avoir franchi le portique gardé et donné nos noms au vigile, nous voilà rendus. Ambiance entrée dans l'arène avec l'accès aux paddock réservé habituellement aux voitures de course qui fréquentent ce circuit ovale aux virages relevés caractéristiques.
On cherche une place acceptable pour caser notre Van à l'ombre dans les abris sans restreindre notre espace de vie pour ces 24h, puis reconnaissance des lieux. Ensuite direction les inscriptions où nous sont remis tshirts, qq goodies , et notre badge pour valider nos passages de tours lors de la course.
Présentations, rencontre, préparation du matériel, puis choix du premier équipier à s'élancer. C'est Olivier qui s'y colle après la traditionnelle photo de la meute au complet (sans les photographes dont je fais partie) et une minute de silence organisée en la mémoire d'un rider disparu tragiquement cette année ainsi que sa compagne.

Go ! Le départ est donné et comme d'habitude certains se lancent dans l'épreuve des 24h… à fond ! Même notre Olivier passe au deuxième tour en 3ème position ! Rapide le bougre, la barre est placée haute. Jérôme prendra la suite, puis c'est à mon tour. Pour cette épreuve j'ai peaufiné mon matériel mais sans non plus trop me focaliser là dessus. Je sais maintenant que ce qui compte est la forme et la gestion physique, la récupération, plus que le matériel. J'ai choisi de rider ma PumpingJack de chez Blackkross Kustom Longboardz qui est pour l'occasion équipée d'un Bennet 6.0 monté sur une embase Cinnet +20°, d'un truck RTS, et de roues Kryptonics StarTrac vertes 75mm en 86a. Coiffé d'un casque de vélo plutôt que d'une traditionnelle marmite de skater, et chaussé de modèles de chez Décathlon destinée à la marche sportive, me voilà parti .

Depuis la France le tour peut paraître monotone, linéaire, et peu intéressant. Il n'en est rien. Même si les virages relevés sont attractifs, il n'est pas recommandé de s'y aventurer pour le fun. En effet la jointure entre la surface plane du bas et celle du virage (inclinée) n'est pas nickel et à tout moment le passage de l'une à l'autre peut s'avérer délicat. Ce ne sera donc pas pour moi... En plus ça ajoute de la distance pour rien.
La qualité de son bitume n'est pas régulière et on alterne surface très lisse et rapide devant les stands avec « graton » désagréable au premier virage, goudron passable ensuite , puis de nouveau une belle surface lisse un peu encombrée de résidus de pneus slicks. Nous arrivons ensuite sur une zone agréable qui finit le virage et nous permet de terminer le tour avec le retour aux stands pour le passage de relai. Durée du tour : 1,36 Miles. A cela il faut aussi ajouter qq zones venteuses qui au fil de l'épreuve se sont déplacées.
Nous avons donc de quoi varier les plaisirs. Et ces derniers sont nombreux ! Nous avons tout le loisir de courser les individuels qui ont forcément un rythme moins soutenu (quoique certains sont restés pour moi inaccessibles), de les dépasser pour rattraper les suivants, et de faire connaissance avec les autres équipes concurrentes (C'est la surprise, elles ne sont pas signalées par un dossard comme d'habitude lors des épreuves sportives). La bataille s'engage dès le début de course. Tout d'abord entre nous, à comparer les chronos des uns et des autres, mais aussi avec nos concurrents directs : l'équipe gagnante de l'année précédente : les Schralpers Union . Nous aurons droit à quelques duels gagnés ou perdus (pour ma part) tout au long de la course. Dès le départ nous avons réussi à prendre de l'avance et à l'augmenter . Un rapide coup de fil en France m'apprenait cela d'une voix chaleureuse et encourageante que les résultats s'affichaient en direct sur un site web, et que nous étions en tête du classement par équipe. Il faut signaler qu'à notre arrivée ce ne fut pas forcément un accueil aussi agréable que prévu. Ils trouvaient apparemment que nous en faisions un peu trop avec nos tenues assorties et notre organisation de vétérans du circuit, ce que nous n'étions pas . En plus , on était un peu vieux pour avoir le droit de la ramener. Bref , on était attendu au tournant. Pas grave . En milieu de journée nous apprîmes que nos plus proches adversaires comptaient sur la nuit pour se refaire, n'ayant pas l'intention de s'inquiéter de notre avance. Soit. Mais c'était sans compter sur un détail d'importance : un vieux ça dort moins (en principe). Et grâce au suivi de nos temps,indispensable gymnastique, nous savions si notre allure ralentissait ou pas. C'est un fin de journée que l'ambiance à notre égard s'est modifiée, les résultats et notre avance ont dû peser dans la balance...

A 18h01 vint la nuit. Boum elle était là. Après les grosses chaleurs de la journée, allaient survenir nos ennemies fraîcheur et humidité, le tout saupoudré d'une évidente fatigue musculaire. Les affaires posées le long de la piste hors abris étaient trempées. Et effectivement le rythme ralentit pour notre équipe, mais aussi pour toutes les autres ! Seul Francois eut l'air de conserver son rythme infernal alternant push, paddle, et pump. Je crois que ce type est capable aussi de faire aussi du Dancing au milieu de tout ça et de conserver sa vitesse. A confirmer.
Après la course nous avons dialogué avec les autres participants et le surnom de Francois est apparu dans la discussion : « Taun-Taune ! » (phonétiquement bien sûr) dû au bruit qu'il faisait en arrivant dans le dos des concurrents qu'il allait même jusqu'à dépasser en passant SUR les plans inclinés de la piste... On leur avait bien dit qu'ils allaient halluciner les ricains ! Toujours lors de ces échanges post race, nous apprîmes que les pumpers que nous étions avions été remarqués nous aussi pour nos nuisances sonores … Le bruit de l'uréthane que l'on torture sur l'asphalte dans un sens puis dans l'autre, façon rappe à parmesan. Certains ont même tenté de rouler à notre niveau voir même de nous rattraper. Mais Que Neni, pas moyen de se laisser faire. Prestige idiot, ou volonté farouche de défendre sa place, pas un n'est passé en pump ! Non mais ! C'est un peu idiot car eux devaient rouler seuls alors que nous passions nos relais tout les trois tours en moyenne. Mais c'était amusant pour nous , et j'imagine distrayant pour eux.
La nuit se déroula dans un climat très humide et d'une grande fraîcheur où la priorité était pour nous de préserver chaleur et calories à des moments où s'alimenter n'est pas notre premier souhait. Nous eûmes l'occasion de pratiquer la banette chaude afin de préserver un couchage chaud pour celui que venait de finir son run. Ajouté à la voiture et ses places non allongées, ces installations spartiates nous ont permis de passer des moments de récupération presque agréables, mais dans les tout cas fort bienvenus ! Ajoutés à cela venaient les différentes victuailles que nous avions prévu pour passer la nuit, à base de fruits secs, et pour les périodes plus fraîches, de soupes chinoises confectionnées avec la cafetière électrique embarquée de la chambre de l'hôtel. Système D !
Hydratation maximale tout au long de l'épreuve à base d'eau, et de jus de fruits. Pas de booster bidule au goût chimique et à la composition improbable made in USA pour les frenchies !
Au plus fort de la nuit les effectifs sont clairsemés. Certains d'entre nous ont même roulé seul pendant un tour entier. Sachant que nous étions largement plus de 100 coureurs, ça laisse une idée de la période choisie pour qu'ils récupèrent tous. Dommage pour les autres équipes de n'avoir pas continué non stop.
Le recordman de l'année dernière , Andy, tentait cette année de battre son record et n'avait pas prévu de s'arrêter avant l'arrivée. Mais ce fut un échec pour lui que je ne saurais clairement expliquer. Peut être qu'un rythme trop soutenu dès le départ l'a au final pénalisé. Mais quelle puissance à chaque tour ce gars ! Et d'une grande gentillesse, ce qui ne gâche rien.

Après un petit somme pendant lequel Olivier et Francois ont enchaîné les runs comme des champions, nous avons Jérôme et moi repris la suite. Ce changement de dernière minute du cycle des relais nous a été imposé par nos coéquipiers à l'insu de notre plein gré. Mais quelle idée géniale ! Je suis personnellement reparti bcp plus frais et le lit était bcp plus chaud pour Olivier après son effort. J'ai appris de plus à ce réveil que nous venions de battre le record de l'équipe de l'année dernière avec en plus une très large avance de tours sur nos poursuivants. Pour redémarrer, c'était presque aussi bon qu'un expresso que nous ne connaissions plus depuis que nous avions quitté la France …
Restant concentrés, les enchaînements de relais se poursuivirent jusqu'au lever du jour. De magnifiques couleurs s'offraient à nos yeux fatigués. C'est à peu près à ce moment là que les concurrents se remirent en route pour tenter d'atteindre et de dépasser les 200 miles.
Notre avance étant confortable, l'idée de placer la barre le plus haut possible nous est venue à l'esprit. Les 300 miles devinrent notre objectif prioritaire et nous décidâmes de réorganiser nos relais. Plutôt que 3 tours, l'objectif devenait de faire 1 tour à fond , à se brûler ce que nous restait comme énergie.

Aussitôt dit, aussitôt fait ! En tout bien tout honneur, les dépassements de cette période là ont dû marquer les esprits fatigués des autres participants tant ils étaient parfois agressifs et hargneux dans notre recherche de dépasser la symbolique barre de 300 miles. Trajectoires tendues, position aérodynamique qd c'était possible, ou au contraire poursuite énergique du Pump là où que les autres se laissent glisser sur l'asphalte. Tout était bon pour parvenir à notre but. Les encouragements du public présent et au courant de notre nouvel objectif, étaient eux aussi stimulants.
Le dernier quart d'heure, tout demeurait incertain car les résultats en notre possession n'étaient pas hyper précis. De mémoire je crois qu'Olivier fit l'avant dernier tour (à moins que ce ne soit Jérôme), et Francois le dernier, en donnant tout. C'est sous nos encouragements qu'il franchit la ligne après 302 miles parcourus en 24h et avant l'arrêt du chrono. Une superbe prouesse uniquement partagée par l'équipe, la performance passant étonnement inaperçue.
La remise des prix se déroula comme toutes les autres années, finissant avec le classement des équipes. Et là, petit couac. Annonce par le speaker des 3èmes ainsi que leur distance parcourue, puis des seconds, eux aussi avec leur distance. Vint ensuite notre tour. Une belle première place …. mais sans mention de la distance franchie. Grrrrr...
Je sais bien que c'est plus un univers sportif privilégiant la performance individuelle (qui est certes hallucinante) comme en triathlon, mais quand même, nous avions remporté la première place dans la catégorie Equipe (dûment récompensée certes) , puis la plus grande distance parcourue lors de cet Ultraskate, et enfin obtenu le record de distance franchie par une équipe sur 24h en longboard !
Après la course nous avons eu un semblant d'explication. Ils ne semblaient apparemment pas prêt à imaginer avant le départ qu'une équipe d'inconnus puisse battre le record de distance de l'année dernière, et encore moins de l'enfoncer de 50 miles ! Petit regret donc de n'avoir pas savouré ces instants de reconnaissance par l'organisation. Heureusement que de notre côté nous avions mobilisé un très grand nombre de soutiens à travers les réseaux sociaux et que ceux ci se montraient particulièrement ravis de notre perf, tout autant que notre sponsor principal, RideMore. Autant vous dire que cela fit chaud au cœur, certains nous ayant même téléphoné pendant l'épreuve comme Alexandre Bangnoi qui fit un reportage et un suivi en direct sur son blog, pour le plus grand bonheur de ceux et celles qui n'étaient pas sur FB. Ma Dulcinée et ma Maman te remercient Alex , elles ont pu nous suivre au plus près! Sur place nos fans nous avaient encouragé tout au long de la course et leur satisfaction de voir que nous y étions parvenu était grande. Merci donc à Fab Cara et à Giovanni Barbazza pour les mots gentils, leur soutien, et leurs conseils techniques.

Le remballage de tout notre foutoir fut un peu long. Nous n'étions pas hyper pressés de repartir, profitant de tous ces instants, et de cette atmosphère particulière .
Salut aux derniers présents et retour à l'hôtel pour une salvatrice douche.
Passage obligé au portique de sortie et, surprise, c'est encore le même vigile qui nous accueille. Celui ci nous demande alors nos résultats. Réponse de Jérôme. Et lui de nous répondre avec une grande sincérité : Congratulations !

Ben voilà, c'était pas bien compliqué non ?"

Merci Samuel!

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 22:27

Y a-t-il une meilleure façon de commencer une année pour un Distance Skateboarder que par une course? Pas pour moi! Une course, cela vous oblige à quitter la confortable léthargie des journées d'hiver passées enfermé chez soi et à donner son maximum pendant près de deux heures. Une compétition est l'une des rares occasions de la vie, où chacun peut atteindre ses limites et essayer de les repousser, c'est l'occasion de rompre avec la routine qui nous tue à petit feu et de se sentir vivant parce que le corps et l'esprit travaillent de concert à 100% de leurs capacités.

Alors même si je n'étais pas entraîné, je ne pouvais pas manquer le 1er marathon hivernal organisé en Europe, aux Pays-Bas, tout près d'Utrecht.

L'événement avait été créé 3 ou 4 mois avant sa tenue et nous étions nombreux à nous demander ce qu'il se passerait si le circuit était recouvert de neige ou de verglas. Heureusement, le fait que Nieuwegein (à côté d'Utrecht) soit "seulement" à 5 heures de route de Paris et surtout, le fait qu'Anton van Kaam, un bon pote de Dordrecht, ait pu m'héberger, tout cela me permettait de décider au dernier moment, d'aller ou de ne pas aller aux Pays-Bas.

Une semaine avant la course, les prévisions météo s'avéraient étonnamment favorables: températures supérieures à 4°C, pas de neige et peu de risques de pluie. Le dimanche 11 janvier 2015 il y aurait au moins un français à ce marathon hollandais.

Se battre contre le vent

Plusieurs des meilleurs racers néerlandais participaient au marathon: Lennart van de Peppel, Rick Pronck, Robbert van Haaften, John Paul Kloosterman et surtout, Thomas Christopher Slager. Peut-être pour équilibrer la présence d'un français (moi), l'excellent et très sympa Ralf Merz, l'allemand de Berlin, avait aussi fait le déplacement!

En un sens, c'était un marathon international!

Dans les vestiaires, Thomas Slager, Matthijs van Wijk, John Paul Kloosterman, Ralf Merz et moi, nous revêtions nos tenues de course et j'eus l'impression de pratiquer un sport ordinaire! Le Skateboard sur Longues Distances est-il, peu à peu, en train de devenir un "vrai" sport?

Bien sûr, je sortais pour faire quelques mètres d'échauffement sur le circuit et tout de suite le puissant vent d'ouest venu de la Mer du Nord me rappela que nous étions en janvier.

Très vite, tous les racers furent sur la ligne de départ et tout le monde oublia le vent et le froid pendant la traditionnelle photo de groupe.

33 tours de circuit devaient être parcourus pour atteindre 42.195 km. Dès le départ Robbert van Haaften, très motivé, fut en tête et je décidai de ne pas le lâcher et de profiter de son drafting.

Vers le 3ème tour John Paul Kloosterman nous rejoignit et il nous doubla dans son style extrêmement régulier et efficace.

Cette fois-ci, c'était John Paul que je devais suivre, ce que je parvins à faire pendant quelques tours (3 ou 4?), mais finalement, ni Robbert, ni moi, nous n'arrivâmes à garder le rythme de la locomotive Kloosterman! Je devais être 2ème ou 3ème au classement provisoire.

Derrière, Rick Pronk et Lennart van de Peppel nous suivaient à leur rythme plutôt tranquille, à une centaine de mètres de distance. De son côté, Thomas Christopher Slager avait commencé son marathon sans se presser et il restait en arrière à discuter et encourager un débutant, son cousin Mike Duran, facteur (un de plus! Sur la photo ci-dessous il porte un blouson vert) et coureur de marathons.

Ce doit être vers le 7ème ou 8ème tour que Thomas décida qu'il avait une course à gagner et qu'il nous doubla tous avec sa vitesse moyenne 20 à 25% supérieure à la notre. Nous ne le reverrions plus.

Sa puissance et sa légèreté sont vraiment impressionnantes. Il me fait penser à une Caterham Seven, un rapport poids/puissance exceptionnel! Un peu plus tard, ce fut Rick Pronk qui nous rattrapa et nous doubla.

Classement provisoire: Slager, Kloosterman, Pronk, Van Haaften, Bangnoi.

Jusqu'à mi-course, vers le 16ème ou 17ème tour, Robbert van Haaften et moi nous luttions l'un contre l'autre, en essayant de profiter du drafting de l'autre. Les moments les plus mémorables furent ceux où nous affrontions le vent de face pendant environ 100 mètres: des rafales à 40 ou 50 km/h qui faisaient sauter Robbert de sa planche pour courir à côté derrière elle plutôt de que pousser dessus. D'autres, que nous doublions, avaient renoncé à lutter et marchaient contre le vent en tenant leurs planches à la main! Moi, en consultant ma montre, je constatais que je ne parviendrais pas à finir ce marathon en moins de 2 heures, ce qui ne m'étais pas arrivé depuis longtemps: un petit coup au moral qui me démotiva un peu, mais physiquement je souffrais aussi.

Aux deux tiers de la course Lennart van de Peppel nous rejoignit, Robbert et moi,

et je restais avec les deux gaillards jusqu'à ce que je craque physiquement; peut-être que de leur côté aussi, ils avaient augmenté leur cadence.

Je me retrouvais seul pendant les 10 derniers tours (environ), quand deux tours avant l'arrivée, je fus rejoint par le jeune et grand Jesse van Hulst.

Fatigué, je ne savais plus si j'avais un tour d'avance sur lui et je le laissais me devancer de plusieurs dizaines de mètres.

Mais bien vite, je réalisai que Jesse m'avait simplement rattrapé et doublé et qu'il finirait devant moi! J'entamais alors la chasse pendant mon dernier tour et peu à peu je regagnais du terrain sur lui et je kickais comme un fou dans les derniers 100 mètres, mais il me manqua une vingtaine de mètres pour le doubler! Malgré cette déconvenue, ce fut pour moi une fin de marathon bien sympathique avec ce sprint contre Jesse van Hulst. Pas de photos, pas de vidéos, dommage.

Je finis 7ème au classement général en 2h11m08s.

1 seul racer sous les 2 heures!

Thomas Christopher Slager avait beau avoir commencé ce marathon très lentement, il nous rattrapa et nous doubla tous avec une facilité déconcertante. Pour lui, il n'était pas intéressant de suivre un autre racer en drafting: sa moyenne aurait alors baissé! Thomas fut ainsi le seul à finir ce marathon en moins de 2 heures, en 1h57m34s! Même l'excellent John-Paul Kloosterman finit 2ème en 2h00m56s!

Petite conclusion: même si dans le dos, le vent puissant nous aidait à aller très vite pendant environ 100 mètres, les 100 mètres de ralentissement dûs au vent de face n'étaient pas compensés par l'accélération sur l'autre partie du circuit.

Pour s'amuser,

Matthijs van Wijk a calculé pour quelques racers, l'effort supplémentaire demandé à chacun par rapport au marathon organisé sur ce même circuit le 28 septembre 2014. C'est John Paul Kloosterman qui s'en est le mieux sorti avec 113% (13% de temps en plus par rapport à sa performance du 28 septembre 2014).

Suivent ensuite, Robbert van Haaften 114%, Thomas C.Slager 116%, Matthijs van Wijk 117%, Alexandre Bangnoï 118%, Rick Pronk 119.1%, Anton van Kaam 119.9% et Paul de Beer 129%.

Les filles firent aussi la course, à leur "façon".

Merci à Board Events et aux Hollandais: ce fut un petit weekend sportif bien dense qui m'a permis de briser la routine hivernale!

A vrai dire, ces compétitions sans grande pression et faciles à rejoindre (en Europe et pas trop loin de Paris) sont vraiment agréables: j'y retrouve mes amis néerlandais, leur beau pays, leurs villes si bien organisées et surtout, le plaisir de faire la course et de me donner à fond. Cela me rappelle un peu l'époque où je jouais beaucoup aux échecs en compétition et où je passais certains dimanches avec mon club à lutter contre le joueur d'un club adversaire. La différence est qu'aux échecs la pression psychologique était plus grande, tandis qu'après une course d'endurance en skateboard, quel que soit mon résultat, je me sens toujours bien physiquement.

Encore une fois, l'équipe de Board Events a très bien travaillé et elle a obtenu des prix de qualité (des planches de skateboard et des roues) pour les premiers de chaque catégorie, de la part des sponsors.

Merci à Board Events et merci à Anton van Kaam

et à Bella, sa Staffordshire, pour m'avoir hébergé!

Cette très belle vidéo de Stan Bekker

résume bien l'esprit de ce marathon:

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 20:49

Retrouvailles avec la famille américaine du Skateboard sur Longues Distances

Après 12 heures de vol direct depuis Paris jusqu'à Los Angeles j'étais plutôt las. C'était mon 8ème voyage aux USA pour une course de skateboard et la magie propre à la découverte de ces événements commence à s'estomper. Qu'on se rassure, j'aime toujours autant les courses d'endurance, mais parfois, une forme de routine s'installe.

Heureusement, les amitiés créées grâce à la pratique de ma passion font plus que compenser le calvaire de ces longs voyages. Ce vendredi 28 novembre 2014 vers 21 heures, j'attendais donc Jeremiah Pascua qui devait venir pour m'emmener à l'appartement que son frère Deejay avait loué à San Diego. Il arriva environ 20 minutes plus tard et nous dûmes aller chez lui quelque part dans L.A. car il avait oublié du matériel. Sur ces entrefaites, un appel de Deejay nous appris que Andrew Andras n'avait pu atterrir comme prévu à San Diego en raison du brouillard intense qui couvrait la ville: le pilote de son vol avait fait une première tentative d'atterrissage et il avait dû remettre les gaz in extremis alors que les roues étaient déjà au sol, en raison de la visibilité quasi nulle. Andrew dit qu'il avait bien flippé! Bilan des mésaventures des Distance Skateboarders voyageurs: Jeremiah et moi nous retournâmes à l'aéroport pour accueillir Andrew Andras.

Finalement, retrouver ce frère américain et aussi cet être humain exceptionnel, tout cela valait bien les désagréments d'un très long voyage depuis Paris. En plus, comme Andy et Jeremiah avaient faim, nous nous arrêtames dans l'un des burger restaurants apparemment préférés des américains, un In & Out, chaîne de fast food que je ne connaissais pas jusque là.

Après un copieux et très classique menu américain, nous arrivâmes enfin à l'appartement loué par Deejay Pascua, vers 2 heures du matin (heure locale) et nous fûmes accueillis par Deejay, sa famille et Adrian Oh, le skateboarder globe-trotter de Singapour. Une chambre et un unique lit king size nous furent réservés à Andy et moi!

Le décalage horaire aidant, je me réveillai le premier vers 4h30 ce samedi 29 novembre 2014. Deux heures plus tard, tout le monde était réveillé et Deejay, Andrew, Jeremiah et moi, nous partîmes chercher des victualles dans l'un des temples de la consommation inventés par les USA pour le monde entier, un supermarché. Là-bas je vis Andrew acheter pour 60$ de steaks: je pensais qu'il s'agissait des réserves pour le dîner, mais non! Vers 8 heures,

Andrew, Jeremiah et moi avec les oeufs et le bacon, nous cuisinions les kilos de protéines animales achetés: pour la première fois dans ma vie, il y a un début à tout, j'ai mangé un grand steak avec oeufs et bacon au petit-déjeuner!

Le temps était parfait. Quelques années auparavant, en consultant la description de San

Diego, j'avais lu que cette ville et sa région bénéficiaient d'un climat considéré comme méditerranéen! Et il est vrai que la latitude de San Diego est légèrement plus proche de l'équateur que celle de Casablanca au Maroc. Alors tout allait pour le mieux puisque Deejay avait prévu la reconnaissance du circuit sur Fiesta Island en compagnie des autres racers que nous retrouverions là-bas.

Fiesta Island?

Une base de loisirs américaine pas si différente des notres, mais avec un soleil de fin novembre qui vous donne l'impression de rouler sur une route de Fuerteventura (Îles Canaries) à midi. Je connais beaucoup de personnes qui n'aiment pas trop la sécheresse des paysages désertiques, mais, peut-être en raison de mes vacances espagnoles, j'aime les bleus purs de ces ciels vides et la lumière aveuglante que reflètent les sables blancs et les claires terres stériles. J'y vois quelque chose de pur, de propre et de simple; cela me rappelle une réplique de Peter O'Toole dans le "Lawrence d'Arabie" de David Lean: Bentley: "What is it, Major Lawrence, that attracts you personally to the desert?" Lawrence: "It's clean."

Après la reconnaissance du circuit, toute notre tribu se dirigea vers l'Adrenalina Skateshop où avait lieu la confirmation définitive et obligatoire, de la participation de chacun au marathon. Là-bas,

nous retrouvâmes Thomas Christopher Slager qui était à San Diego depuis plusieurs jours déjà, ainsi que Kiefer Dixon

et de nombreux autres skateboarders dont l'admirable Jesse Swalley.

La journée prit fin par une petite randonnée

sur La promenade de San Diego: la piste cyclable de Mission Bay qui longe l'Océan Pacifique et sur laquelle le regretté Chris Yandall

faisait régulièrement son skogging. C'est un peu en son honneur, que nous autres, pushers, paddlers et pumpers, nous y avons roulé.

Mon skateboard marathon

Dimanche 30 novembre 2014, 7 heures du matin, 114 skateboarders sont sur la ligne de départ sur Fiesta Island. 95 d'entre eux sont en lice pour les 26.2 miles en 6 tours de circuit, 10 skateboarders vont les parcourir en Stand Up Paddle et les 9 restants participent à la course d'un seul tour. Il fait frais (16°C ?) et le ciel est chargé de nuages qui menacent de se vider de leur eau; j'espère qu'il pleuvra: mes nouvelles chaussures de running (destinées au triathlon) possèdent une semelle qui a la réputation de très bien accrocher sur sol humide et de bien évacuer l'eau. De plus, il se peut que mes Kryptonics 85mm à la bande de roulement plutôt faible pour des roues de skateboard, me donnent un petit avantage sur les roues larges.

Je me sens bien, sans aucune blessure ni faiblesse particulière, mais je sais que je ne me suis pas assez entraîné et que je n'ai pas un poids de forme optimal: je suis convaincu que le rapport poids/puissance est important dans notre sport, aussi, j'aurais bien aimé avoir 2 à 6 kilos de masse grasse en moins à porter. Qu'à cela ne tienne, j'ai bon moral et je suis content d'être là pour faire de mon mieux, même si c'est au dernier moment!

Sur la première ligne de départ, les favoris attendent la fin des discours et des présentations. Andrew Andras, Kiefer Dixon, Thomas Christopher Slager, Scott Hostert, Leunam Leo Segura, Lexi Hutchings, Sean Young et Joe Mazzone: lequel d'entre eux finira premier? 

Moi, je suis en deuxième ou troisième ligne à côté de mon pote de Singapour, Adrian Oh, l'intrépide voyageur au long cours et j'ai une légère envie de pisser. Allez, j'ai le temps de passer derrière un camion de l'organisation et de me débarasser de ce poids superflu. En revenant, je remarque un grand gaillard Américain d'environ 1m85, athlétique et vêtu comme un cycliste: cuissard et maillot moulants. Il a l'air motivé et ce qui m'embête, c'est qu'il a l'air d'être dans ma tranche d'âge, celle des 40 à 49 ans! Je ne le connais pas, mais lui me connaît: "Hi! My name's Alex. looks like you're really fit for that race! What's your age?" lui dis-je. Il me repond: "My name's Jay, I'm 45 and I plan on never letting you go: I'm going to follow you, all the way!" Au moins il est aussi sympa qu'il a l'air balaise! Bon, la couleur est annoncée et la première place de ma catégorie ne me sera pas "automatiquement" attribuée. Zut!

Dans la "ligne" devant la notre, un expérimentateur compte faire le marathon sur un tube en plastique noir (une sorte de conduite d'évacuation) qui a près de deux mètres de long et aux extrémités duquel il a fixé deux trucks et leurs roues! Au centre de ce tube, il semble y avoir une plateforme d'environ 50 cm de long sur laquelle est fixé un coussin en guise de grip! Ce genre de sympathique hurluberlu, je préfère l'avoir derrière moi, car en général son engin est une gêne et un danger pour les autres participants, surtout au départ d'une course aussi rapide! Tant pis, il s'est placé pratiquement en seconde ligne, légèrement devant moi sur ma droite et les USA se disent un pays libre, alors ce n'est pas moi qui vais lui reprocher son placement! Espère-t-il vraiment finir parmi les premiers sur son bélier à roues?

Tout le monde est prêt, les discours sont terminés et Pablo Lanatta (l'organisateur) regarde son chronomètre. Il lance le compte à rebours! "Five! Four! Three! Two! One! Goooo!"

Près de 120 skateboarders partent à l'assaut des 6 tours de l'île,

pareils aux taureaux lâchés dans les rue de Pampelune pendant les fêtes de San Fermín! En quelques instants les favoris ont déjà 20 mètres d'avance sur moi qui suis en train d'esquiver les skaters maladroits et plus lents. Comme prévu, le "bélier" en plastique noir va nettement moins vite que le reste des skateboarders et le "pilote" s'aperçoit qu'il peut à peine tourner! Il abandonne après 15 mètres de course. Je fais partie des 20 premiers et tout le monde se donne à fond: pas de calcul, pas de tour d'échauffement. Les favoris je les vois de loin, environ 100 mètres devant!

On commence par une longue courbe, presque une ligne droite, sur un revêtement de bonne, voire très bonne qualité (17 sur 20?) et nous avons le vent dans le dos. Je ne connais pas les gars avec lesquels je roule, mais ça va vite et je devine que chez les favoris ça va encore plus vite et qu'ils sont à près de 30 km/h ou plus sur cette portion. Nous arrivons à une petite montée d'une vingtaine de mètres et déjà c'est dur. Au sommet de la montée, sur la partie plate et alors que je m'apprête à prendre une courte descente qui commence par un virage à gauche, j'entends derrière moi une voix qui me prévient: "On your left!". C'est JJ Cobb (Jay, le cycliste) qui me double facilement: il va environ 3 km/h plus vite que moi et je ne trouve pas la force de le suivre.

Alors qu'il est cinq mètres devant moi et qu'il s'apprête à prendre la petite descente, je vois la tête de JJ se tourner d'un quart de tour sur sa gauche, pendant une seconde, pour me voir: il est étonné par le fait que je n'essaie pas de le suivre, mais il ne ralentit pas son effort et je ne le reverrai plus. Pas très loin de moi derrière, un afro-américain en t-shirt vert plutôt costaud et doté d'un certain embonpoint,

cogne très fort mais d'une seule jambe. Il est puissant et il est vraiment motivé (malheureusement je ne suis pas sûr de son nom: il semble y avoir eu quelques erreurs dans les classements finaux). A peu près à sa hauteur, un jeune skater monté sur une Maher-Rajah

et vêtu d'un classique t-shirt en coton et d'un jean beige (Mose Butterfield), ne nous lâche pas. Ces deux-là et moi, nous serons ensemble pendant les deux premiers tours.

Je viens de passer la ligne d'arrivée du premier tour et pour les cinq tours suivants il faudra prendre le détour qui s'achève par un virage en épingle.

Des plots routiers indiquent le chemin à prendre, mais... trois ou six plots situés cinq à six mètres après le dernier plot de la ligne (je ne m'en souviens plus) marquent la limite du circuit. Il suffit de passer avant ces plots et moi, ne voulant pas être sanctionné en raison d'une erreur de parcours, je passe derrière cette ligne! Quand je vois Mose Butterfield (le gars en jean beige sur lequel j'avais pris 20 mètres d'avance) me doubler à ce virage en épingle, je comprends que j'ai parcouru huit à dix mètres de trop et je lâche à voix haute un "meeeeeerde!" bien français! Bon, ce n'est pas le moment de me relâcher et j'accélère pour rejoindre Mose.

J'y parviens et je reste derrière lui en drafting. La technique est efficace car je fatigue nettement moins et à plusieurs reprises je suis obligé de me décaler pour ne pas le percuter, car, protégé du vent, je prends de la vitesse. Mose, qui comprend bien qu'il est en train de travailler pour moi, finit par ralentir et je passe devant, mais lui n'arrive pas à tenir mon rythme. Peu à peu, j'accumule les mètres d'avance sur lui et bientôt ce sont 100 à 150 mètres qui nous séparent. C'est pour moi le début de mes quatre ou trois tours en solitaire: je n'ai pas trouvé de skateboarder qui soit légèrement plus rapide que moi (ou égal à moi) pour le suivre en drafting.

Un marathon en solitaire c'est plus dur et plus ennuyeux. Je n'ai pas de référence pour savoir si j'ai une bonne moyenne et je ne peux ni m'économiser en drafting, ni accroître ma moyenne grâce à un adversaire un peu plus rapide. Ma seule référence c'est ma montre au poignet: au moins, je sais que je dois faire moins de 20 minutes par tour. Les kilomètres passent et je vois des promeneurs sur les bas-cotés qui marchent tranquillement en nous dévisageant. Toujours amusant et agaçant, ce contraste entre des personnes étrangères à la course et vous, qui êtes en train de vous battre contre vous-même et contre les autres: cela vous donne l'impression d'être en train de faire quelque chose d'absurde.

La section du circuit la plus dure est celle des 3 ou 2 derniers kilomètres avant la ligne d'arrivée: là le revêtement est très dégradé par endroits (une note de 9 sur 20 pendant cent à trois cent mètres) et de surcroît, un bon vent de face fait tout pour vous ralentir.

Mais on n'a pas le choix, il s'agit de maintenir et d'accroître son effort sous peine d'être rattrappé et doublé!

Je viens de parcourir les deux tiers de mon 6ème et dernier tour, quand j'entends derrière moi une semelle frapper le sol avec puissance et détermination: je me retrourne et je vois 10 à 20 mètres derrière, Kevin Alzamora (un jeune skater en t-shirt bleu, short noir et surtout... sans casque! Comment est-ce possible?) suivi en drafting par Mose Butterfield. Ils vont 2 à 3 km/h plus vite que moi et ils sont en train de me rattrapper. J'essaie de résister en accélérant, mais ils finissent quand même par me rejoindre et je me câle immédiatement en drafting derrière Mose Butterfield qui vient de passer en tête de notre groupe de trois, bien décidé à ne pas le lâcher. Kevin ne parvient pas à nous suivre: il semble avoir sprinté pour me rattrapper et devoir reprendre son souffle, nous le distançons d'une dizaine de mètres.

Hélàs, alors que Mose Butterfield et moi derrière lui en drafting, nous sommes en train de gravir une dernière petite montée, le nez de mon skateboard se prend la semelle du pied droit de Mose qui était en fin de poussée. J'ai mal géré mon drafting et me trouvant trop près de Mose cet accident est arrivé. Je ne suis pas tombé, mais j'ai dû sauter de ma planche en courant et revenir la chercher cinq mètres derrière moi, toujours en courant! My bad! Mose s'est excusé, mais ce n'était pas sa faute. Entre temps, c'est Kévin Alzamora qui m'a rattrappé et nous faisons lutte égale un certain temps avant qu'il ne finisse par me battre au sprint;

j'étais surtout déçu de ne pas avoir pu battre Mose Butterfield  en lançant une accélération 1 kilomètre avant la ligne d'arrivée. Ces accidents de course font partie du jeu!

Je finis 17ème du classement général en 1h55m30s et 2ème de ma catégorie des 40 - 49 ans. Une performance moyenne qui correspond à mon niveau. Pour faire mieux, il me faut, perdre de la masse grasse, accroître ma puissance musculaire pour avoir une meilleure vitesse de pointe et beaucoup travailler mon endurance et ma capacité d'accélération; il est toujours difficile pour moi de faire cela seul, sans autres Distance Skateboarders de mon niveau pour travailler et progresser ensemble: c'est le lot de tous ceux qui pratiquent l'un des sports les plus marginaux et confidentiels du monde!

Petite satisfaction et amère déception

Une bonne quinzaine de personnes étaient parties et arrivées avant moi, et parmi elles, JJ Cobb était le seul skateboarder à faire partie de ma classe d'âge des 40 - 49 ans. J'étais donc certain (en espérant ne pas m'être trompé) que j'avais obtenu la deuxième place du podium dans cette catégorie. Or, quand je suis allé consulter l'ordinateur qui gèrait le chronométrage, je n'y ai pas vu mon nom. Une dizaine de minutes plus tard, certains podiums par catégories étaient déjà notés sur papier au stylo... et mon nom ne figurait pas dans celui des 40 - 49 ans! "Je dois m'être trompé" me disais-je, "Des quadragénaires plus rapides que moi devaient être devant dans le groupe de tête, raison pour laquelle je ne les ai jamais vu me doubler...". Le seul de ma catégorie que j'ai vu me doubler était JJ Cobb au début du premier tour! J'ai donc sincèrement pensé que des gars de ma catégorie, meilleurs que moi, étaient partis devant, et que je n'avais donc pu les voir. Je devais être 4ème ou 5ème ou 6ème des 40 - 49 ans...

Vint la remise des prix et lors du podium des 40 - 49 ans... Ô, très mauvaise surprise, sur la deuxième marche du podium se trouvait le skateboarder noir, le puissant one leg pusher que j'avais doublé et qui ne m'avait jamais rattrappé!

J'étais vraiment déçu et j'avais la forte impression de m'être fait "voler" mon résultat! 12 heures d'avion depuis Paris jusqu'à Los Angeles pour ça. Pour en avoir le coeur net, juste après leur podium je suis allé demander leurs chronos aux 2ème et 3ème: les réponses des deux gaillards étaient proches des deux heures et ma montre indiquait 1h55m29s! Discrètement je suis allé voir Laura, l'épouse de Pablo Lanatta

co-organisatrice de l'événement pour lui faire part de l'erreur de classement. Environ une demi-heure plus tard, Pablo a consulté sur l'ordinateur mon chronométrage et il s'est avéré que les capteurs électroniques n'avaient pas détecté mon chip pendant les 3 ou 4 derniers tours! Ce problème est arrivé à beaucoup de racers dont Andrew Andras pour lequel un tour n'a pas été enregistré!

Heureusement j'avais le témoignage de Mose Butterfield (je n'ai pas retrouvé Kevin Alzamora) et les chronométrages enregistrés sur ma montre pour appuyer mes dires.

Pablo Lanatta qui était très gêné et ennuyé par ces erreurs de chronométrage, m'a offert en compensation une Rayne Future Killer (une très belle et chère planche de descente et de freeride) que je voulais lui rendre car ce que je souhaitais vraiment, c'était ma vraie place au classement et sur le podium. Pablo me pria de garder la planche et en gentleman il rétablit la vérité du classement et refit le podium des 40 - 49 ans.

Plus tard, lors de la After Race Party, je demandai à Pablo s'il paierait le responsable du chronométrage: il me dit qu'il lui avait donné une avance sur paiement avant le marathon, mais qu'il n'avait pas encore décidé s'il lui donnerait le reste de la somme correspondant au coût du service. Logique!

Les classements sont lisibles ici: http://racetecresults.com/Results.aspx?CId=16432&RId=2038&EId=1 mais attention! Après avoir fait certains recoupements et m'être référé aux photos du site de l'Adrenalina Skateboard Marathon, je devine que ces classements ont été entrés manuellement par le responsable du chronométrage et qu'il comporte de nombreuses erreurs! Par exemple, dans ma catégorie, sur la photo la 3ème marche du podium est occupée par le dossard 2470 (Edgar Hawkins) et dans le classement donné ci-dessus en lien, c'est le dossard 2476 (Justin Clark) qui est indiqué comme 3ème de la catégorie! Aujourd'hui encore, je ne suis pas sûr de ceux qui sont arrivés après moi!

La consécration

La victoire que Thomas Christopher Slager désirait depuis si longtemps, il l'a enfin obtenue ce dimanche 30 novembre 2014 à San Diego, California, USA!

Depuis que j'ai fait la connaissance de Thomas C. Slager en septembre 2012 à Amsterdam lors de la Rabbit Race n°2, je n'ai jamais rencontré un Distance Skateboarder aussi sérieux et motivé que lui! Thomas possède la détermination et la discipline d'un athlète professionnel dans un sport qui malheureusement pour lui, est ultra confidentiel et 100% amateur. A ma connaissance, un seul autre Distance Skateboarder est aussi sérieux que Thomas: Andrew Andras. La différence est qu'Andrew semble plus détendu que Thomas quand les grandes compétitions approchent. De son côté, mon jeune ami hollandais de La Haye, semble tendu comme la corde de l'arc d'Ulysse quand ce dernier s'apprête à décocher une flêche sur un prétendant! Il est arrivé à San Diego le lundi 24 novembre 2014, soit six jours avant la course pour s'acclimater au lieu et s'entraîner sur le circuit!

Avec des athlètes tels que Thomas Christopher Slager, le Skateboard sur Longues Distances mériterait d'être un sport Olympique: un beau sport technique, physiquement exigeant et spectaculaire serait enfin connu du monde entier!

Thomas a franchi la ligne d'arrivée en 1 heure 34 minutes et 2 secondes, sur un circuit peu propice aux records de vitesse, à la moyenne de 26.923 km/h !

Il a fait exploser le précédent record du marathon sur ce circuit, détenu par Andrei Hippix en 1h37m18s: 3 minutes plus rapide!

Bien sûr, je n'ai pu assister à la course de Thomas qui était loin devant moi et qui a même fini par me prendre un tour, mais d'après les dires d'Andrew Andras, pendant les deux premiers tours, Thomas roulait avec le groupe Dixon, Andras, Mazzone, Young et Segura.

D'après Andrew: "I was feeling good at the pace that we were going, drafting or not drafting, when Thomas turned his head to me, like saying: are you ready to go faster?" "Well, I felt confortable at that pace as everyone else, and I didn't want to take the lead and to go into a fast and lonely adventure." "Then, Thomas took off and no one was able to follow him.". Le racer néerlandais a donc roulé avec les autres favoris pendant deux tours environ, puis quand il a décidé de rouler à son vrai niveau, personne n'a été capable de le suivre. Sa victoire, Thomas l'a vraiment gagnée seul!

D'ailleurs il a fini avec près de 5 minutes d'avance sur le 2ème, Joe Mazzone, et c'est vraiment impressionnant. Désormais, c'est Thomas Christopher Slager qui détient le record du marathon sur le circuit de Fiesta Island. Si vous voulez lui prendre cette place vous devrez faire mieux que 1 heure 34 minutes 02 secondes!

Princebarbare: Salut Thomas! Comment te sentais-tu pendant le dernier tour?

Thomas Christopher Slager: Je pensais à ma famille et à Max, mon chien qui est mort il y a six mois environ.

Princebarbare: Et au moment de franchir la ligne d'arrivée?

Thomas: Je me suis dit que je l'avais fait et que j'avais surmonté mes peurs.

Princebarbare: Pendant combien de tours as-tu roulé avec le groupe "Dixon, Mazzone, Andras, Young"?

Thomas: pendant 1 tour et demi (!).

Princebarbare: C'est incroyable! Tu leur a vraiment mis la "pâtée"! Comment expliques-tu ta puissante accélération et que personne n'ait été capable de te suivre?

Thomas: J'étais prêt à essayer de creuser l'écart entre eux et moi, puis Kiefer a commencé à mettre sa musique à fond en mode haut-parleur, ce qui m'a gêné.

Princebarbare: Hahahahahaha! Alors c'était à cause de la musique trop forte? Mais il portait des écouteurs, non?

Thomas: C'est l'une des raisons et il diffusait sa musique sur un haut-parleur.

Princebarbare: D'accord. Tu as utilisé les très connues Orangatang In Heat (75mm et 80a). Les as-tu trouvées très rapides et comfortables sur les mauvaises sections du circuit?

Thomas: D'abord, merci à Manny Castaneda qui me les a offertes. Ensuite elles font 5mm de moins que mes Kegels, ce qui était mieux sur une piste venteuse (parle-t-il de l'aérodynamique des roues?) et le revêtement du circuit était bien (!!!).

Princebarbare: OK. Parle-moi de ta nouvelle planche Subsonic: il faut croire que c'est ta meilleure board à ce jour.

Thomas: Je préfère ma "black version" restée chez moi aux Pays-Bas parce que je n'ai pas pu l'emmener (pour des raisons de coût), mais celle-ci a fait le boulot aussi bien et avec sa structure en foam core elle était très légère aussi.

Princebarbare: Parle-moi de tes trucks Dont-Trip.

Thomas: Je me contenterai de dire qu'ils s'adaptent parfaitement à mon style et que ce sont des trucks de précision très efficaces.

Princebarbare: En ce qui concerne ton entraînement, peux-tu nous livrer quelques secrets?

Thomas: Non (!!!!!!!) ... bon... d'accord... Je m'entraîne avec un lest de 2 kilos à chaque cheville.

Princebarbare: Comme beaucoup de skateboarders sur longues distances. Comment vois-tu le futur du LDP en Europe et dans le monde?

Thomas: En Europe j'espère qu'il y aura davantage de grosses compétitions pour qu'il y ait plus de riders très rapides. D'un point de vue international j'espère que le LDP sera un sport Olympique.

Princebarbare: Quelqu'un à remercier?

Thomas: Ma mère et aussi Bob, le pote qui m'a accompagné à San Diego, sans oublier Dont Trip, Subsonic et les sponsors qui ont rendu possible mon voyage.

Princebarbare: Thomas, bravo et merci! A la prochaine course!

Les "autres"

Finalement, Thomas Christopher Slager a surtout livré une bataille contre lui même.

Kiefer Dixon, Joe Mazzone, Andrew Andras, Leunam Leo Segura et Sean Young se sont battus entre eux. Assez vite, il semble que Leo Segura, pas du tout entraîné, n'a pu suivre le groupe de quatre racers qui poursuivaient Slager: Sean Young (casque jaune), Joe Mazzone (débardeur blanc), Kiefer Dixon et Andrew Andras.

Je devine qu'ils jouaient à "qui restera en drafting et qui essaiera de semer les autres" !

Un ou deux tours avant la fin, je ne saurais le dire, il ne restait que trois hommes en course: Kiefer Dixon, Andrew Andras et Joe Mazzone.

L'américain Joe Mazzone (de Naperville dans l'Illinois) est l'un des ces "inconnus" de très haut niveau qui n'ont participé qu'à des courses locales et qui arrivent dans une course majeure pour créér la surprise. Andrew Andras me dit que Joe, solidement installé dans le groupe poursuivant Slager, ne donnait aucun signe de fatigue et ne relâchait jamais son effort. Andrew, qui est le recordman mondial en UltraSkate, s'est très sérieusement entraîné pour ce marathon: il m'a dit avoir acheté le livre d'un coureur de marathons en course à pied et avoir appliqué les méthodes d'entraînement du livre, au skateboard sur longues distances. Il a ainsi accru son explosivité et sa vitesse maximale, éléments très importants dans une course rapide; et pourtant, malgré les grands progrès qu'il a faits, Andrew n'est pas arrivé à dépasser et à lâcher Joe Mazzone.

1 ou 2 kilomètres avant l'arrivée, le sprint final pour la seconde place s'est joué entre Dixon, Mazzone et Andras. Coup de théâtre: Kiefer Dixon qui est l'un des meilleurs sprinters du monde subit une crampe!

Il ne restait plus que Joe Mazzone et Andrew Andras! Et c'est Joe Mazzone qui a obtenu la 2ème place du marathon en 1h39m, devant Andrew Andras en 1h39m05s!

Kiefer Dixon finit 4ème en 1h39m27s. Plus tard en soirée, lors de l' After Party, je demandai à Kiefer ce qui lui était arrivé et il me dit que ces derniers mois il avait passé l'essentiel de son temps comme coursier à vélo à New York City et qu'il n'avait pu s'entraîner sérieusement pour ce marathon.

Pas de surprise chez les Dames

La locale Lexi Hutchings a remporté les deux premières éditions de l'Adrenalina Skateboard Marathon à San Diego et elle n'a pas manqué à l'appel lors de cette 3ème édition.

Logique, elle est la plus rapide de Californie sur un marathon et les seules deux américaines qui l'obligeraient à se "sortir les tripes", Cami Best et Sarah Paulshock, étaient absentes. Le skateboard sur longues distances est vraiment un sport accessible: il ne demande qu'une bonne technique de kick et une parfaite maîtrise du switch, techniques que l'on acquiert en quelques semaines avec un bon entraînement et en trouvant le matériel adapté à sa morphologie. Tout le monde, de 7 à 107 ans peut s'y mettre et pourtant, dans ce marathon il n'y eut que 10 participantes chez les femmes contre 85 chez les hommes! C'est vraiment dommage.

Dans ces conditions,

Lexi Hutchings, malgré son talent et sa condition physique impeccable, n'eut pas à lutter trop dur pour finir 1ère en 2 heures 2 minutes et 45 secondes. Vitesse moyenne: 20.624 km/h.

Alyssa Monteiro finit 2ème en 2h06m14s, soit 3m29s après Hutchings.

Teresa Gillcrist fut 3ème en 2h21m45s,

le parcours honnête d'un skateboarder qui ne sait pousser que d'une jambe et qui s'essaie à un marathon sans vraiment essayer de finir premier.

Bravo à Lexi Hutchings et pour le sport, dommage qu'il n'y ait pas beaucoup plus de femmes!

Les Stand Up Paddlers, les gondoliers du marathon!

En 2013 ils n'étaient que 4 racers dans cette catégorie! Cette année ils furent 10, un nombre modeste, mais une belle progression! L'année dernière, dans des conditions météo apparemment meilleures (moins venteuses) Deejay Pascua, le créateur de l'association West Street Stand Up Paddle, avait fini premier et surtout, très près de la barrière des deux heures, en 2h02m30s, mais en cette année 2014 la concurrence fut bien plus rude et le vent, moins amical.

Princebarbare: Salut Deejay, comment a été ta course cette année? Pourquoi n'as-tu pas fait mieux que les 2h02m30s de 2013?

Deejay: Ma course n'a pas été terrible. Au départ je me suis cassé la gueule et j'en ai encore mal à la nuque! Puis j'ai réussi à rattrapper Daniel Cambay et nous sommes partis en chasse de Jeremiah (le petit frère de Deejay) pendant les trois premiers tours.

Quand ce fut à moi de me "reposer" en drafting derrière Daniel, je n'avais plus la force de le suivre. En plus, quand j'ai vu que notre allure ne me permettrait pas de descendre sous les 2 heures, ça m'a cassé le moral. Daniel a fini très fort et il a doublé Jeremiah au 5ème tour.

Mon frère Jeremiah a fait l'essentiel de son marathon en pumping. Il n'a pas beaucoup ramé à cause d'une blessure à une main et c'est pour cela qu'il a ralenti dans les deux derniers tours.

Princebarbare: Pour 2015, changeras-tu quelque chose dans ton équipement? Les roues? La planche?

Deejay Pascua: Une planche plus grande et plus lourde; c'est mieux pour la vitesse max!

Princebarbare: Et toujours les mêmes Electric Flywheels (107mm!) ?

Deejay: Oui!

Princebarbare: Que penses-tu de la météo pendant cette édition 2014?

Deejay: Nettement plus de vent que l'année dernière.

Princebarbare: Je n'étais pas présent en 2013, mais en effet, le dernier mile avant la ligne d'arrivée m'a paru vraiment dur avec ce vent de face. Dee, que changeras-tu cette année dans ton entraînement et dans ton régime pour être plus rapide en 2015?

Deejay: Je vais retourner à la salle de gym et au lever de poids pour acquérir davantage de puissance musculaire. En 2015 je ferai moins de 2 heures. J'ai vraiment cru que c'était dans la poche cette année, mais je n'ai fait qu'une mauvaise course.

Princebarbare: Penses-tu que dans un futur proche nous verrons une course 100% paddle?

Deejay: Oui, en 2015 ou en 2016.

Princebarbare: Génial! Merci à toi, à ta famille et à Nina pour votre accueil dans votre famille à Fontana. je m'y suis senti comme chez moi!

Daniel Cambay a donc fini 1er de la catégorie Stand Up Paddle en 2 heures 08minutes et 19 secondes. Un très bon chrono si l'on tient compte du vent.

Jeremiah Pascua fut 2ème en 2h11m55s et son frère Deejay 3ème en 2h12m12s.

Princebarbare: Bonjour Daniel! Tu as 35 ans et c'était ta première participation à ce marathon; t'es-tu entraîné spécialement pour cette course?

Daniel Cambay: J'ai roulé sur 15 miles tous les jours, pendant deux semaines. Parfois seul et parfois avec ma fiancée qui montait sur l'arrière de ma planche, ce qui ajoutait de la masse quand je travaillais ma vitesse.

Princebarbare: Cool! Quel est ton équipement?

Daniel: Une West Street Stand Up Paddle Beast Maker, 54 pouces de long (1m37) pour 14 pouces de large (36 cm) et des Electric Flywheels 107mm.

Princebarbare: Dans les petites montées, pas trop lourd tout ça?

Daniel: Non, le poids de la planche et le diamètre des roues permettent de garder une bonne inertie et d'accélerer sans perdre de la vitesse après chaque coup de paddle.

Princebarbare: OK! Que changeras-tu en 2015 pour être plus rapide, que ce soit dans ton équipement ou dans ton physique?

Daniel: J'utiliserai le même matériel, mais je vais passer beaucoup plus de temps à la salle de gym et sur ma planche pour ramer davantage!

Princebarbare: Dernières questions... Es-tu vegan (végétalien) ou végétarien? (Deejay Pascua est végétarien).

Daniel: Je suis "pescetarien". Je mange essentiellement des fruits et des légumes, mais aussi des fruits de mer et du poisson. Pas de boeuf, poulet ou porc.

Princebarbare: Et depuis combien de temps suis-tu ce régime? Penses-tu que ton régime alimentaire est meilleur pour ta santé et pour tes performances sportives?

Daniel: Je suis pescétarien depuis plus de trois ans (depuis octobre 2011) et oui, j'ai beaucoup plus d'énergie quand je vais rouler et je me sens plus léger après les repas. J'ai l'impression que mon corps récupère plus vite après l'effort et mon estomac est moins lourd que lorsque je mangeais de la viande. En plus, je n'ai pas l'impression d'avoir perdu de la force quand je fais de la musculation et j'ai perdu 12 kilos depuis que j'ai arrêté de manger de la viande. Je n'y vois que des avantages.

Princebarbare: Quelle sera ta prochaine course?

Daniel: Je participerai à l'UltraSkate de Miami (Floride) en février 2015. Mon but: 200 miles au minimum!

Princebarbare: Daniel, merci pour tes réponses. 200 miles? Tu y arriveras et tu feras encore mieux que ça!

Mention spéciale pour Nina Pyburn, la seule femme qui a fait ce marathon en Stand Up Paddle! Elle a fini en 2h44m31s.

Les héros discrets

Tous les participants furent à leur façon des héros, mais certains ont été plus remarquables que les autres.

Jesse Swalley est un skateboarder passionné, mais dont la jambe gauche n'est pas opérationnelle pour skater. Il a donc fait son maximum, à genoux sur sa planche!

21.85 miles (35.16 km) en 2h40m. En fait, cela fait des années que Jesse skate à genoux sur ses planches et je l'ai vu faire un slide impeccable avec son style unique! Il fait même du bowl!

Anne Palmer est une passionnée de Skateboard sur Longues Distances et ce marathon est sa troisième grande compétition, à plus de 50 ans.

Elle finit 1ère de la catégorie des 50 ans et plus chez les Dames, en 2h40m01s devant Margaret Harper en 3h32m06s. Merci d'avoir été là, Mesdames!

Scott Hostert (au premier plan sur la photo),

près de 2 mètres de haut, un "vrai" skateboarder (qui fait du bowl et maîtrise certainement le ollie), et surtout, un gars de 50 ans qui a fini 1er de la catégorie des 50 ans et plus, en 1 heure 50 minutes et 27 secondes! 11ème au classement général! Là, je suis battu à plate couture.

Si l'on ajoute les Dames, il y eut 11 skateboarders âgés de 50 ans et plus!

Jim Gillcrist fut le doyen du marathon, à 60 ans ou plus.

Il a fini en 3h08m03s. Il est l'un des surfers les plus connus de San Diego aussi.

Pablo Lanatta et son épouse Laura ont encore une fois réalisé un énorme travail.

Que serait notre sport sans ces passionnés? Merci à eux.

Le lien qui suit est une vidéo plutôt sympa sur la course des meilleurs et surtout de Thomas C. Slager. https://www.youtube.com/watch?v=GnB03KDecAI

Que nous réserve l'édition 2015 de l'Adrenalina Skateboard Marathon à San Diego? Wait and see!

Pour ceux qui les auraient ratés, les classements de l'édition 2014 sont ici: http://racetecresults.com/Results.aspx?CId=16432&RId=2038&EId=1 et ici, un article dans un journal de San Diego avec de très belles photos pour l'illustrer: http://www.utsandiego.com/news/2014/nov/30/adrenalina-skateboard-marathon-fiesta-island/

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 18:57

road-crossing.jpgAprès chaque nouvelle édition de la course pirate la plus dingue du monde, nombreux sont les skateboarders qui se demandent si, vus les moyens mis en oeuvre par le NYPD (la police de New York City) pour l'empêcher, elle aura lieu l'année suivante. Il s'agit quand même de près de 13 kilomètres de routes ouvertes parcourues à fond, un samedi à midi en plein New York City!map.PNGLe samedi 18 octobre 2014, la course "sans organisateurs" la plus célèbre chez les skateboarders est quand même partie de la 116ème rue à midi!startLa veille, Ian Nichols, le créateur historique de la course, donnait des consignes de sécurité à un petit groupe de skateboarders, mais rappelez-vous: il n'y a pas d'organisateurs.Night-before-the-race--Ian-Nichols.jpg

Que sait-on de l'édition 2014? Pas grand chose, si ce n'est qu'il y eut moins de participants qu'en 2013, même s'ils furent nombreux et queKiefer Dixon road crossingKiefer Dixon a encore fini premier.Kiefer Dixon & the BullJ'ai quand même le classement chez les hommes: 1er Kiefer Dixon, 2ème Kyle Yan, 3ème Kaspar Spurgeon Heinrici. 1ère fille Claudia Case! Tous des spécialistes des courses d'endurance en skateboard!

Sur la photo qui suit, prise après la course au bord de l'Hudson River, Claudia Case est accroupie avec un t-shirt rouge et ses longs cheveux bouclés.girls.jpgUn illustre skateboarder dans le monde du Distance Skateboarding avait aussi fait le déplacement pour cette course, il pose aux cotés de Kaspar Heinrici (casque avec caméra) et de Kyle Yan (casque jaune) il porte des lunettes aux verres bleus et un blouson Subsonic.3-racers.jpgLe reconnaissez-vous?

Bien sûr, c'est une course pirate, bien sûr on ne sait jamais où exactement (au centimètre près) se trouve la ligne de départ, bien sûr on n'est jamais sûr d'avoir pris le "vrai", le "bon" départ, bien sûr les malchanceux qui partent derrière 400 racers ont peu de chances de finir premiers. Alors connaître les chronos des trois premiers? Je pense que là-bas, à NYC, ils s'en moquent;Shralpers2mais moi, j'aimerais bien savoir!arrivée

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 21:00

Poster.jpgSamedi 27 septembre 2014, 20h30, Dordrecht. Giovanni Barbazza et moi nous venons d'arriver chez Anton van Kaam qui nous a généreusement offert de nous héberger pour cette nuit. Il nous a même préparé le dîner: des spaghettis à la viande hachée, tomate et légumes; parfait avant une course pour se charger en sucres lents et en minéraux! Moi comme d'habitude, je suis fatigué (j'ai travaillé le matin de ce samedi et j'ai conduit pendant 5 heures d'affilée), mais je fais bonne figure. Giovanni lui est excité comme un légionnaire en permission, au retour de deux mois de manœuvres sur le terrain!

Anton est la gentillesse personnifiée et même Bella, sa chienne, vient nous tenir compagnie.WP_001284.jpg

Dimanche 28 septembre 2014, 8h. Eggs & bacon pour tout le monde! Ça tombe bien: les œufs au bacon sont l'une de mes plus grandes faiblesses! Boards---car.jpg 9h30: départ vers le Wielerparcours Nedereindse Berg d'Utrecht, le circuit du club cycliste d'Utrecht; il semble que chaque grande ville des Pays-Bas possède son propre circuit cycliste et roller! Depuis que je participe aux courses hollandaises j'en ai visité quatre, tous excellents: quelle chance pour les Distance Skateboarders désireux d'organiser des courses!

10h10.preparatifs.jpgArrivée au circuit et démontage de mes roues pour y mettre des roulemenst neufs. Giovanni de son côté, remplace ses Electric Flywheels (107mm, 81a!!!) d'entraînement, par ses Flywheels 83mm favorites.

11h: La photo de groupe, un classique chez les skateboarders!Start-Line.jpg

11h10: Un tour de chauffe et de découverte du circuit dont j'estime la longueur à 1400 ou 1300 mètres. Je note le revêtement 16 ou 17 sur vingt. Il y a bien quelques très légères montées et faux-plats descendants, mais il est plat à plus de 90%, ce qui signifie qu'il faudra beaucoup kicker!

Start-2.jpg11h20: C'est le départ!1st-lap.jpgLe peloton de tête se forme avec, dans le désordre, Robbert van Haaften, Rick Pronk (2ème mondial en UltraSkate), John Paul Kloosterman, Thomas Christopher Slager, Giovanni Barbazza et moi.StartContrairement au autres marathons auxquels j'ai participé, celui-ci ne démarre pas en trombe; il prend plutôt l'allure d'un entraînement de groupe intense.1st-laps.jpgThomas C. Slager est en troisième ou quatrième position, pas pressé de montrer ce qu'il a dans le ventre!Beginning.jpg

Après 7 ou 8 tours, l'allure tout de même rapide fait une première victime: Giovanni Barbazza (en violet)Kloosterman--Barbazza.jpgqui ne s'est pas du tout entraîné pendant les deux mois précédents "explose" en vol, son allure se réduit de 2 à 3 km/h par rapport à la notre et très vite il se fait distancer.Slager, Bangnoi, Kloosterman, BarbazzaJe m'accroche aux quatre autres Distance Skateboarders en profitant de leur drafting autant que possible pour m'économiser; ma spécialité en course.

45 à 50 minutes de course sont passées et Thomas Christopher Slager a décidé que son échauffement a assez duré: il "apuie sur l'accélérateur"Thomas-Slager-on-top.jpget il prend immédiatement la tête. Rick Pronk, John Paul Kloosterman et Robbert van Haaften sont les seuls à pouvoir le suivre, ou plutôt, à donner l'impression de le suivre. Moi, j'ai beau kicker sans relâche, je suis surclassé par la puissance des quatre gaillards.

Tant pis, j'ai l'habitude des courses solitaires, même si je préfère me protéger en drafting. Tout de même, je suis motivé par l'idée de ne pas laisser Giovanni me rattraper et par l'idée de faire un bon chronomètre (inférieur à 1h50m).

Je suis seul, mais 10 mètres devant (environ) je vois le groupe Pronk, Kloosterman et van Haaften qui peu à peu est lâché par le bolide Slager. van-Haaften.jpgRobbert van Haaften et sa Rolls Rolls Sportster rouge vif, avec son bermuda bien ample est le dernier de ce groupe et sa vitesse moyenne est inférieure de 1 à 2 km/h par rapport aux autres: il devient mon objectif de chasse.Bangnoi en poursuivant

Le circuit comporte trois faux-plats descendants très roulants: à chaque fois que j'y arrive, je sprinte pour augmenter ma moyenne et réduire l'écart entre Robbert (qui s'est retrouvé seul) et moi.Bangnoi virage

Après 1 heure de course je rattrape enfin Robbert van Haaften qui, en nage, se tourne vers moi et me dit quelque chose du genre: "this is rough". "Indeed" fut ma réponse, même si j'aurais préféré lui dire "à qui le dis-tu!", ce que bien sûr il n'aurait pas compris.

Nous roulons ensemble pendant un ou deux tours (2X3 minutes) jusqu'à ce que Robbert rejoigne l'un de ses potes nettement plus lent et qu'il en profite pour cesser de souffrir en bavardant avec lui. Parfait! Bien content, je poursuis mon effort. Robbert ne me rejoindra pas. Je suis 4ème du classement provisoire.

Les tours passent et j'ai cessé d'appuyer sur le compte-tours de ma montre: j'utilise le temps total pour me situer à peu près. Mon meilleur chrono ayant été 1h48m19s (Adrenalina New York 2011), je sais qu'après 1h30 de course je dois fournir mon effort final. Plus facile à penser qu'à faire!Bangnoi full speedMon style de pusher s'adapte au circuit: dès que j'ai le vent dans le dos et/ou que je suis en faux-plat descendant j'essaie de sprinter pour augmenter ma vitesse moyenne et ne pas me faire pièger par un faux rythme décroissant qui me ralentirait.

Malgré cela, Thomas Christopher Slager me prend un tour. M'étant retourné, je le vois arriver 30 mètres derrière moi.SlagerJe me dis: "quand il sera à ma hauteur, j'essaierai de le suivre en drafting". Thomas me double et sa vitesse de croisière correspond à ma vitesse de sprint en marathon!Thomas-Slager-on-top3.jpgJe ne peux le suivre. Je roule seul pendant un bon moment encore et c'est au tour de Rick Pronk (t-shirt rouge) de me prendre un tour.Pronk--Bangnoi.jpgCertes, il va un petit peu moins vite que Thomas, mais je n'essaie pas de le suivre; de la paresse? Après un intervalle de temps équivalent, John paul Kloosterman me rattrape aussi; un tour d'avance pour lui donc. Je ne comprends pas: John Paul ne pousse que de la jambe gauche en goofy et il n'a pas l'air de beaucoup forcer, mais il va quand même plus vite que moi! Quand il me double il est dans sa phase de pumping super efficace: 23 ou 24 km/h de moyenne à mon avis!Kloosterman.jpgIl est fascinant. Peu après, Thomas C. Slager me prend un tour de plus: lui et moi, nous ne sommes plus à un tour près!

Cela fait plus d'1h30m que je suis en course et je sais qu'il est temps pour moi d'utiliser mes dernières réserves d'énergie. J'essaie certes. Mes 7 derniers tours sont annoncés par les organisateurs et j'appuie sur ma montre pour les compter et savoir si j'améliore mes temps. 3m25s à l'antépenultième tour, 3m18s à l'avant-dernier, 3m16s au dernier. Je franchis la ligne d'arrivée en 1h51m, soit 1m et 1s au delà de mon objectif personnel (moins d'1h50m).Bangnoi-crosses-the-finish-line.jpg4ème du classement général. Content de ma place, content d'avoir battu Robbert van Haaften qui m'avait battu au semi-marathon de La Haye. Assez satisfait par mon chrono, mais pas de quoi sauter de joie non plus. Ma vitesse moyenne: 22.80 km/h.Final-standings.jpg1er Thomas Christopher Slager en 1h41m17s. Sans trop forcer ni souffrir, avec une moyenne à 24.99 km/h ! Vivement que ce sport prenne de l'ampleur et qu'il devienne pro pour que nous puissions assister à de grandes batailles entre des bêtes de course telles que Jeffrey Vyain, Andrew Andras, Kaspar Heinrici, Kiefer Dixon, Paul Kent, Thomas Christopher Slager et bien d'autres!

2ème Rick Pronk en 1h43m50s à 24.38 km/h de moyenne. Même si Rick Pronk est un spécialiste des très longues distances, il sait aussi aller vite, très vite.

3ème John Paul Kloosterman en 1h47m1s, soit une moyenne à 23.65 km/h: peut-être le pumper le plus rapide du monde sur un marathon.

Board EventsUne organisation parfaite: propre, efficace, souriante et pourtant, seulement 18 participants!Organizers.jpgLes jeunes enthousiastes de Board Events n'ont-ils pas fait assez de publicité?poster2.jpgOu est-ce dû à la fatigue et au blues de la rentrée scolaire qui chaque année engourdissent toute l'Europe de l'ouest?

À une organisation impeccable s'est ajoutée une météo estivale qui me faisait regretter de rentrer en France: je serais bien resté une nuit de plus chez Anton avec Giovanni pour que tous les trois nous partions courir les si belles hollandaises et que je réussisse à trouver une jolie blonde à yeux verts prête à m'enseigner les rudiments de sa langue en tête à tête. Hélàs, je ne suis qu'un Sisyphe parmi d'autres.

Au moins, la journée s'acheva par la traditionnelle tablée à bières flamandes: amitié, soleil, bières et petites croquettes bataves; des bonheurs simples et vrais.WP 001286

Anton van Kaam,WP_001288.jpgmerci pour ta générosité: là où je serai, tu seras le bienvenu.

Merci aux jeunes de Board Events pour leur marathon ensoleillé et impeccable!

Giovanni,Giovanni-Barbazza4.jpgj'espère encore te servir de lièvre pendant longtemps!

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 11:10

Blockbuster contre petit film indépendant

Confortablement installé devant l'écran de mon ordinateur portable, je suis deux événements sportifs en même temps. L'un est un épisode supplémentaire de l'une des comédies planétaires récurrentes les plus regardées: le match pour la troisième place de la coupe du monde de football entre le Brésil et les Pays-Bas. Les grandes marques de vêtements de sport ne savent plus quoi inventer pour nous vendre leur camelote!soccer.jpgEt en effet, ça commence mal et c'est aussi très drôle: dès les premières minutes, les brésiliens semblent commettre une faute sur un attaquant hollandais et sont victimes d'un penalty discutable, mais bien réel. Du très haut niveau! C'est drôle car le match devient davantage un enjeu national et social, plutôt qu'une simple compétition sportive entre deux équipes. En voyant les mines déconfites, on comprend à quoi, certaines personnes accordent de l'importance.

L'autre événement est un UltraSkate: 24 heures à rouler sur un circuit cycliste en skateboard, pour savoir qui parcourra la plus grande distance pendant cette longue période de temps. Il a lieu sur le Wheelerplanet (le circuit) de Spaarndam aux Pays-Bas, comme un contre-point ironique à la victoire en cours des joueurs de foot hollandais.Wheelerplanet-Spaarndam.PNGEn un sens, cette course est aussi insignifiante qu'un match de foot: rouler pour savoir qui sera le plus endurant, le plus résistant, le plus fort.racers.jpgRien ne sera construit, rien ne restera, hormis les traces écrites, photographiées et filmées. Tant d'efforts pour rien en un sens, si ce n'est pour satisfaire son ego. Mais satisfaire notre ego, n'est-ce pas là le moteur de nos vies à tous? Qui peut échapper à cela?

group-2.jpgAu moins, les skateboarders sur longues distances ne se prennent pas trop au sérieux et ne s'imaginent pas qu'ils sont des dieux vivants, comme certains footballeurs finissent par le croire.

Les petits plats dans les grands

Cette année,Lennart-van-de-Peppel.jpgLennart van de Peppel et Lonneke van Kampen,Lonneke-van-Kampen.jpgles deux organisateurs principaux, ont ajouté une amélioration importante: un chronométrage automatique au moyen de puces électroniques!chip.jpgCela, ajouté à la location du circuit, implique un bel investissement humain et financier!Timing system 1La passion, voilà ce qui anime ce couple. Mère Nature a même récompensé leurs efforts en leur offrant une météo sèche!

Rick Pronk, le champion européen des très longues distances

Samedi 12 juillet 2014, 13h30. Je suis revenu du travail et je regarde la page facebook de l'UltraSkate et ses mises à jour régulières: Thomas Christopher Slager est en tête et ça ne m'étonne pas; comme Kiefer Dixon, comme Jeff Vyain (et à mon petit niveau comme moi), Thomas n'aime pas aller lentement et s'économiser, en 4 heures il a parcouru environ 85 km, soit 4 heures à 21.262 km/h. S'il maintient cette moyenne 24 heures de suite, Thomas aura parcouru 510 kilomètres! S'il maintient cette moyenne bien sûr... Il a deux tours d'avance sur John-Paul Kloosterman, Simon van Bart et trois tours sur Rick Pronk. L'orgueil de la jeunesse.

15h10. John-Paul-Kloosterman.jpgJohn-Paul Kloosterman et Rick Pronk ont rejoint ThomasThomas-C.-Slager.jpgaprès 6 heures sur le circuit: 37 tours, soit 116.3 km. Maintenant ce n'est plus la vitesse qui domine, ce sont la volonté et la résistance.

18h16. Après 9 heures de course, Rick Pronk est seul en tête avec 55 tours, 173.3 km parcourus. 19.255 km/h de moyenne.Rick Pronk 2Pas mal! Excellent en fait. La fougue et la jeunesse de Thomas sont loin derrière avec 49 tours, 154.4 km. Ce n'est pas deshonorant car naturellement, les ados ont besoin de 9 à 10 heures de sommeil par jour au minimum; et les spécialistes de l'endurance le savent, on atteint son plus haut niveau de résistance en approchant (ou en dépassant) la quarantaine.

19h12. Rick Pronk est toujours en tête après 62 tours, 195.3 km parcourus en 10 heures de course. À 23 ans Rick Pronk est le recordman longboard toutes catégories sur endomondo: depuis qu'il y partage ses entraînements, il a parcouru 16824 kilomètres!

Le temps passe et il semble que Jery Baan, le chroniqueur de cet UltraSkate, soit allé se reposer: pas de nouvelle mise à jour. Qu'à cela ne tienne, la "petite finale" entre les Pays-Bas et le Brésil va commencer: un peu de comédie pour changer!

Fatigué (et sans avoir roulé!) je m'endors en pensant aux skateboarders qui tels des forçats, tournent incessamment sur le circuit de Spaarndam et je me dis que j'ai bien de la chance d'être dans mes draps.sleeper.jpgLà-bas, je sais que certains luttent pour ne pas s'arrêter, pour résister au sommeil, aux crampes et aux douleurs.

Dimanche 13 juillet 2014. 6 heures du matin.6 a.m.Rick Pronk n'a pas quitté la tête de course et Ivo van de Peppel,Ivo van de Peppelle frère de Lennart, est un solide second au classement provisoire avec 327.6 km! John-Paul Kloosterman n'a pas résisté à la ténacité du jeune Ivo: un beau duel!

11 heures. Je me réveille après une excellente nuit bien réparatrice. Je branche le modem et j'allume l'ordinateur.

Première surprise: malgré 60 participants ils ne sont que 4 à avoir franchi les 200 miles ou 321.87 kilomètres! Les conditions de roulage étaient parfaites semble-t-il et cette année (après renseignements pris) il y eu beaucoup moins de limaces suicidaires en raison de la très faible humidité et de la piste sèche! C'est donc si difficile que cela de rouler au moins 322 km? Honnêtement, après mon troisième UltraSkate je pense qu'il "suffit" de s'arrêter le moins possible et de trouver un moyen de ne pas "s'ennuyer"! Alors seulement quatre skateboarders?

Deuxième (demi) surprise: la très belle performance de Ralf Merz (venu de Berlin!),Ralf-Merz-2.jpg4ème du classement général avec 352.8 km parcourus! Il entre haut la main parmi les 20 premiers du classement mondial des Ultra Skateboarders! Sur les photos il n'a même pas l'air fatigué!Ralf-Merz-3.jpg

Troisième (demi) surprise: Rick Pronk est pratiquement l'égal d'Andrew Andras!Rick-Pronk-3.jpg441 km contre les 455.8 km d'Andrew Andras: 14.8 km d'écart seulement! Rick Pronk était tout près de l'exploit! Il est désormais le n°2 mondial et le champion européen.Rick Pronk

Félicitations aux 4 premiers pour leurs brillantes performances.

Félicitations aussi à Gael Brand (t-shirt orange),Iemke---Gael.jpgnotre représentant français qui s'est très bien battu dans son premier UltraSkate et qui après 17h45 de roulage faisait partie des 7 premiers du classement provisoire avec 248.9 km! Il lui restait encore 6 bonnes heures pour atteindre les 322 km, mais comme il l'a écrit sur facebook: "... malheureusement mon corps n'a pas tenu, je me sentais bien mais à 2 heures du matin une série de crampes m'a cloué définitivement sur place, malgré les étirements et massages...".final results

Félicitations à tous les participants et surtout aux organisateurs, Lonneke van Kampen et Lennart van de Peppel pour réussir à organiser des événements aussi ambitieux et avant tout, réussis! Sans de telles personnes notre sport n'existerait pas.

Une édition 2015 pleine de promesses!

Andrew Andras, Conan Issac Gay, James Peters et de nombreux autres champions américains ont affirmé vouloir faire le déplacement vers les Pays-Bas pour participer en 2015! L'Europe les attend de pied ferme!Europe.jpg

Je n'aurais jamais cru qu'une épreuve sportive aussi éxigeante d'un point de vue physique et aussi pratique (il faut s'être bien reposé les jours précédents et avoir un ou plutôt deux jours de récupération après l'épreuve) aurait autant de succès! Après analyse, je comprends mieux: la majorité y va pour dire "j'ai eu le courage d'y aller", "j'ai essayé". De fait, plus certaines épreuves sont difficiles, plus elles attirent du monde: les participants veulent se prouver quelque chose, mais aussi le prouver aux autres.resting.jpgC'est pourquoi en course à pied les marathons ont autant de succès et c'est aussi pourquoi dans ces marathons, beaucoup se contentent de finir en 5 ou 6 heures...

Je l'ai souvent dit et écrit: je préfère les courses rapides (Silver Comet & Chief Ladiga Sk8 Challenge, marathons, semi-marathons, etc.) parce que je les trouve amusantes et parce que j'aime me battre contre les autres d'abord. Malgré cela, si l'édition 2015 s'avère aussi riche en participants de haut niveau, alors j'y serai!

Le site de l'UltraSkate hollandais: link et sa page facebook: link

Merci à Matthijs van Wijk, à Pat van Board, à Jery Baan, à Eirik Týr Nørmann et à Thomas Christopher Slager pour leurs photos!

 

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