La genèse du projet
Depuis longtemps, je voulais organiser une course d'endurance pour skateboards et trottinettes à Paris, et avec l'aide de nombreux amis j'ai pu réunir les
pratiquants des deux disciplines pour une course de près de 25 kilomètres au bois de Boulogne! 23 personnes s'étaient inscrites sur la page facebook de l'événement et ce furent bien, plus de 20
coureurs et coureuses qui vinrent au bois de Boulogne ce dimanche 27/11/11, alors qu'aucun prix n'était prévu pour les participants!
Je souhaitais une course assez longue pour tester l'endurance des participants et un circuit varié où les montées, les plats et les descentes permettraient à
tous de s'exprimer. Je pense qu'une belle "push race" doit obliger les "racers" à montrer ce qu'ils valent en montée, sur le plat et en descente; c'est aussi plus de plaisir pour tous les
participants, car c'est bien moins monotone qu'un circuit plat! Or, le seul lieu (ou presque) dans Paris qui permette de créer un tel circuit vallonné et sécurisé, c'est à dire sans véhicules à
moteur, est le bois de Boulogne, avec ses pistes cyclables et surtout, ses routes fermées aux véhicules les dimanches grâce à l'opération "Paris Respire". Restait à faire des repérages pour
créer un circuit aussi roulant que possible, ce que je fis plus d'un mois avant sur ma Landyachtz Grom Race pour aboutir à cela:
Malgré quelques défauts (une barrière fermée et des revêtements de sol de qualité
moyenne), j'étais assez content du résultat puisque j'avais réussi à intégrer deux descentes assez longues et rapides. Restait à annoncer la course sur les différents forums en ligne; et de fait,
je dois une grande part du succès de cette course à Riderz, le plus connu des forums français de sports de glisse link, et à Francefootbike
le très convivial et sympathique forum des passionnés de trottinettes link (sans oublier facebook) !
Dès l'annonce de la course et de ses modalités, tout alla "comme sur des roulettes": tant sur Riderz que sur Francefootbike,
l'accueil des pratiquants fut enthousiaste! A croire qu'à Paris et de surcroît en France, il existe une véritable demande pour des courses d'endurance, que ce soit en skateboard ou en
trottinette! Seule réserve de la part des pratiquants de trottinette, peu habitués aux courses pirates (sans autorisations légales): les conditions de sécurité. Le risque d'accident avec un
promeneur du bois de Boulogne était bien réel! Faute de rassurer les futurs participants, j'annonçais que chacun participerait à la course de son propre chef et serait responsable de lui-même, et
que je comptais sur le bon sens de tous! Et tous acceptèrent ces conditions! L'essentiel était fait, je pouvais partir en vacances en Espagne l'esprit tranquille, ou presque, car j'étais un peu
mécontent de ne pas avoir démarché d'éventuels sponsors pour offrir des prix aux vainqueurs. Mais organiser seul un événement quel qu'il soit, n'est jamais facile et n'étant ni rentier, ni
héritier d'une grande fortune, je ne disposais pas de beaucoup de temps: et oui, je travaille aussi! Le plus important était là: un circuit ludique, un point de rendez-vous, un horaire et
une date (et même des dates de report en cas de mauvais temps).
Les bonnes volontés se retrouvèrent au bois!
Après cette course je suis sûr d'une chose: il y a en France une demande réelle pour des compétitions d'endurance en skateboard, bien organisées, sécurisées et
dotées de prix. "Ma" petite course n'était pas parfaitement organisée, elle n'était pas réellement sécurisée puisque même des cavaliers déambulaient sur une piste cyclable! et elle
n'était pas sûre de pouvoir offrir des prix aux premiers! Et malgré ces imperfections elle reçut un excellent accueil de la part des longboarders parisiens! Si en France, une belle course de 20 à
60 km, sur des routes au revêtement impeccable, sans véhicules à moteur, avec un circuit comprenant de longues montées, des plats pour sprinter et des descentes permettant d'atteindre 60 km/h, si
une telle course voit le jour, je prédis la présence de plusieurs centaines de skateboarders français, européens et même des autres continents!
En attendant, plus de vingt passionnés des glisses urbaines alternatives s'étaient réunis au bois de Boulogne, pour une course "entre amis" sans chronométrage,
sans prix garantis et avec des cyclistes et des promeneurs à éviter! Finalement les skateboarders ne demandaient qu'à rouler, et avec l'aide de nombreux bénévoles, ce petit
événement a été une réussite.
Jérôme Motte, passionné de
longboard et surtout de photographie, était venu de Houilles dans les Yvelines dans le seul but de faire le reportage photo de l'événement! Quand je suis arrivé au point de
rendez-vous ce dimanche matin, j'ai cru qu'un reporter professionnel armé d'un gigantesque téléobjectif avait fait le déplacement pour la course! Merci à lui pour ses superbes photos et pour
son aide!
J'avais aussi sollicité l'aide d'un cycliste pour filmer la course, à l'aide d'une caméra fixée sur son guidon et
Philippe DéDé n'a pas manqué à l'appel: lui et son superbe cruiser rouge étaient là pour
immortaliser en vidéo notre rassemblement!
Chez les pratiquants de trottinette, Frédéric Benoist, figure de proue de la trottinette sur très longues distances (plus de 417 km parcourus au 24h du plateau
d'Albion en 2010, le record de France si je ne me trompe pas, et de nombreux Brevets de Randonnée Mondiaux en trottinette), fut l'un des premiers à annoncer sa participation:
cela incita de "nombreux" pratiquants de trottinette à venir affronter sur un même circuit les skateboarders!
Merci aussi à Sanh Phung et, si je ne m'abuse, à toute sa famille de skateboarders (dont, je le suppose, sa fille Charlotte),
d'être venus prêter main forte pour noter les arrivées au terme des 5 tours et prendre
quelques photos!
Bien sûr, la course fut aussi une réussite grâce à tous ceux et celles qui eurent le courage de venir rouler sur 25 kilomètres! Je les nomme d'après leur inscription sur facebook: Frédéric Benoist, Philippe DéDé, Isaac Naccache "Blackhawk", Stéphane Plancqueel, Florence Talmot, Guillaume Debreux,
Michaël Bernard, Matthieu Josse, Romain Duch, Ina "Blopblop", Nils Carrive, Cyril Cabry, Thib le Guen, Robin Del, Cédric Pesier, Florian Trois, Erwin Palomo, Bernard Deniaud et Nadine, Gilles 77,
Eddie, Fabrice Rota, un père et son fils tous deux skateboarders, et toutes mes excuses si j'ai oublié quelqu'un!
Des skateboards et des trottinettes, un skateboard contre une trottinette
L'affiche annonçait 3 tours, mais je savais qu'avoir réuni tout ce monde pour environ 45 minutes de course laisserait de nombreux sportifs sur leur faim et que tous
étaient capables de faire 5 tours à leur rythme. Matthieu Josse et son père étaient spécialement venus du Nord-Pas-de-Calais pour l'événement, et Florence Talmot (trottinetteuse) de Mâcon!
Aussi quand je proposai de rajouter 2 tours aux 3 initialement prévus, tous acceptèrent les kilomètres supplémentaires.
Comme je redoutais les accidents et que je ne voulais pas d'erreurs de parcours,
je fis deux tours de reconnaissance avec tous les participants où j'expliquais
l'importance des carrefours et des croisements comme lieux à risque et vers 12h30 (comme prévu!)
nous nous retrouvâmes tous sur la ligne de départ. Jérôme Motte donna le signal et tous partirent
sous un ciel couvert mais sec.
J'avais choisi un départ en montée pour éviter les accidents et pour que la différence se fasse entre les meilleurs et les autres. Très vite Matthieu Josse
(skateboarder au casque rouge sur une Blackkross "drop through")
et Fabrice Rota sur sa très belle trottinette BCS,
prirent la tête avec une avance de 10 à 20 mètres sur le reste. Frédéric Benoist et sa petite trottinette Mibo n'était pas loin d'eux: il mettait un point d'honneur à être devant
moi! En ce qui me concerne, ce début de course me parut bien difficile! Je me sentais lourd (quelques kilos en trop?) et peu entraîné,
et je m'efforçais de ne pas me laisser distancer par Thib le Guen qui pourtant ne poussait que
d'une seule jambe!
Les autres souffraient aussi mais gardaient le sourire en faisant de leur mieux! Fabrice Rota et Matthieu Josse eurent beau se tromper au tout début de la course en prenant une route erronée, il restèrent quand même en tête et furent hors de vue assez vite. Frédéric Benoist (déguisé en Batman
trottinetteur, mais sans la cape)
gardait une solide
troisième place pendant les deux premiers tours jusqu'au moment où je le vis quitter la route pour rejoindre Sanh Phung et Charlotte sur la ligne d'arrivée!Apparemment, deux tours et
demi de course lui suffisaient! Heureusement j'avais en la personne de Thib le Guen sur son longboard Mindless Velocity un adversaire de choix qui ne me lâcha pas pendant deux ou
trois tours. Lui et moi, nous fîmes une belle course: nous nous dépassions à tour de rôle, jusqu'au moment où j'eus raison de lui en plaçant plusieurs fois des accélérations pour voir s'il était
capable de suivre, surtout en montée. C'est ainsi que je me retrouvais seul à la 2ème place des skateboarders et à la 3ème du classement général jusqu'au premier tiers du dernier tour. Et là,
dans la montée presque parallèle à l'autoroute de Normandie (voir le plan au dessus), le "tail" (partie arrière) de ma Landyachtz Grom Race cassa sous mon poids, m'envoyant
goûter au bitume de la piste cyclable avec comme résultat, de sanguinolentes égratignures au genou et à la main droits! J'avais passé en restant bien calé sur ma planche à deux ou trois reprises
un gros rebord de trottoir (de 4 ou 5 centimètres) là où se trouvait la maudite barrière: si Thib le Guen l'avait fait devant mes yeux je devais aussi y arriver (mais lui, posait un pied au
sol pour exercer le moins de pression possible sur sa planche!). Ce faisant j'entendais à chaque fois un craquement de bois en pensant qu'il s'agissait de branches sur lesquelles je roulais!
Et non! C'était simplement le "tail" recourbé de ma Landyachtz Grom Race qui encaissait de gros chocs contre le bord du trottoir avec mes 70 kilos sur la planche!
Après la chute, je voulais quand même rester le 2ème skateboarder, aussi me mis-je à courir avec ma Landyachtz sous le bras et là je rencontrais Erwin Palomo qui me
prêta sa Landyachtz Nine Two Five, ses "petites" roues et ses trucks trop serrés à mon goût! Bien sûr Thib le Guen me rattrapa et je finis tant bien que mal la course! 5ème au classement
général et 3ème skateboarder.
Devant, Fabrice Rota et Matthieu Josse offrirent le spectacle d'un sprint superbe entre une trottinette et un skateboard, que Fabrice Rota (en trottinette) remporta
d'un petit mètre! Le sprint final en images:
Après leur course, Fabrice me dit que lui et Matthieu avaient fait jeu égal et que Matthieu lui avait très vite fait comprendre qu'il n'était pas là pour "faire
semblant"!
Une course pour le plaisir
Malgré l'absence de prix cette course fut une réussite où près de trente passionnés se retrouvèrent pour courir, filmer, prendre des photos et simplement
s'amuser!
Le classement des skateboarders: 1er Matthieu Josse (au centre sur la photo ci-dessous; Blackkross). 2ème Thib le Guen (à droite sur la photo; Mindless
Velocity). 3ème Alexandre Bangnoi (Landyachtz Grom Race). 4ème Stéphane Plancqueel. 5ème Romain Duch et désolé pour les autres, je n'étais pas là pour noter les
arrivées.
Le classement des trottinettes: 1er Fabrice Rota sur une BCS. 2ème Florence Talmot sur une Zockra 100% carbone, faite sur mesure, très belle et très chère!
3ème Michaël Bernard sur une Mibo. 4èmes ex-aequo Bernard Deniaud et Nadine son amie. 6ème Gilles 77 sur une Footbike. 7ème Frédéric Benoist sur une Mibo après abandon volontaire.
Le classement général: 1. Fabrice Rota (25 km en 1h 09min 50s, vitesse moyenne 21.3 km/h, dénivelé positif: 53 mètres). 2. Matthieu Josse. 3. Thib le Guen. 4.
Florence Talmot. 5. Alexandre Bangnoï. 6. Stéphane Plancqueel. 7. Michaël Bernard. 8. Romain Duch.
Grâce aux efforts de Philippe DéDé, nous avons un beau résumé vidéo de la course! Profitez-en!
Et demain?
Je rêve de la course "parfaite": légale, avec la circulation bloquée pour la course en plein Paris, un départ depuis la cathédrale Notre Dame en direction du
Panthéon jusqu'à la rue Gay-Lussac, puis une descente jusqu'au boulevard Saint Michel, la poursuite de la course sur une longue portion plate jusqu'à la place de la Bastille et de là,
jusqu'à la place de la Nation, puis jusqu'au point le plus haut de Paris (la station de métro Télégraphe) et un retour en descente jusquà l'esplanade Notre Dame sur des routes larges et
roulantes, et deux tours (ou plus) de ce circuit! Mais je le sais, pour l'instant c'est un rêve!
Par contre, une autre push race est possible au bois de Vincennes cette fois-ci (ou à nouveau au bois de Boulogne), pendant les beaux jours, ou même une "Paris
Bomb" (version parisienne de la Broadway Bomb).
La "Paris Bomb" est faisable, mais un dimanche matin, à une heure de faible circulation automobile, en empruntant autant que possible les voies de bus et les pistes
cyclables, et surtout avec des coureurs conscients des risques (en skateboard et en trottinette; je ne suis pas sectaire et " l'union fait la force"!), motivés, sérieux et concentrés. La "Paris
Bomb" est donc possible. On y va?